Le Montréal de Leonard Cohen

Richard Burnett

Richard « Bugs » Burnett est un auteur, rédacteur, journaliste, blogueur et chroniqueur canadien. Il écrit pour des hebdomadaires indépendants ainsi que des publications grand public et LGBTQ. De plus, Bugs connaît Montréal comme une drag queen connaît les produits de beauté.

Leonard Cohen, l’icône de la musique pop intronisée au Temple de la renommée du rock’n’roll, adorait la ville où il avait grandi, Montréal, une source d’inspiration pour sa poésie et ses chansons.  

 

Leonard Cohen (1934-2016), l’icône de la musique pop intronisée au Temple de la renommée du rock’n’roll, adorait la ville où il avait grandi, Montréal, une source d’inspiration pour sa poésie et ses chansons. En 2006, il confiait à un interviewer : « Je me sens chez moi quand je suis à Montréal, d’une façon que je ne ressens nulle part ailleurs. Je ne sais pas de quoi il s’agit, mais c’est un sentiment qui est de plus en plus fort avec les années. » Partons sur la trace du Montréal de Leonard Cohen.  

L’enfance

Leonard Cohen a grandi au 599 de l’avenue Belmont, dans le chic Westmount, où il avait l’habitude de jouer au parc Murray Hill situé à l’arrière de sa maison familiale.  

Il a obtenu son diplôme de secondaire de la Westmount High School (au 4350 de la rue Sainte-Catherine Ouest) en 1951. Néanmoins, c’est peut-être bien Kamala Harris, élue vice-présidente des États-Unis en 2020, qui est la diplômée la plus connue de cette école, puisqu’elle y a terminé ses études en 1981, trente ans après Leonard Cohen. 

Leonard Cohen a rédigé ses premiers écrits poétiques à l’Université McGill (BA en 1955, DLitt en 1992), où il est devenu président de la McGill Debating Union et de la fraternité Zeta Beta Tau, a eu pour mentors les célèbres professeurs et poètes Louis Dudek et Irving Layton et a remporté le prix littéraire Chester Macnaghten en 1955. 

L’édifice Sommer (423 rue Mayor) abritait l’usine textile de son grand-père, où il a travaillé dans les années 1950. Il y a développé un amour inconditionnel pour les beaux costumes. 

Cohen sur la Main

Le triplex de Leonard Cohen (au 28 rue de Vallières, dans Le Plateau-Mont-Royal) se trouve un peu à l’écart du boulevard Saint-Laurent, que les Montréalais surnommaient autrefois la Main. J’ai eu la chance de visiter sa demeure en 2006, lors d’une interview avec sa compagne de l’époque, la chanteuse Anjani Thomas, à l’occasion du lancement de son album jazz, Blue Alert, produit par Cohen. Ce que j’ai pu en voir m’a paru pour le moins spartiate ! (L’entrevue s’est faite pour l’essentiel dans la cuisine.)  

Leonard Cohen a souvent été vu au parc du Portugal, qui fait face à sa maison, rue de Vallières, et longe le boulevard Saint-Laurent. Le Montréalais d’adoption Win Butler, musicien du groupe Arcade Fire, a déjà dit : « Voir Leonard Cohen marcher boulevard Saint-Laurent alors que j’avais 21 ans a suffi à me donner l’impression que j’étais ici chez moi. » 

La Maison du biftèque Main (3864 boulevard Saint-Laurent), l’un des restos de viande fumée préférés des Montréalais, avait les faveurs de l’artiste, surtout de retour en ville après une tournée. La murale de neuf étages à l’effigie de Cohen réalisée par Kevin Ledo se trouve non loin, sur le côté de l’édifice Cooper, au 3981 boulevard Saint-Laurent.  

Ses lieux de prédilection

À l’instar des Montréalais, Leonard Cohen adorait les bagels, et il avait ses habitudes à St-Viateur Bagel (263 rue Saint-Viateur), la boulangerie ouverte en 1957 par Myer Lewkowicz, un survivant du camp de concentration allemand de Buchenwald. Cohen était ami avec le propriétaire actuel, Joe Morena, qui a commencé à travailler pour Lewkowicz en 1962, à l’âge de 14 ans.  

Lors de ses études à l’Université McGill. Cohen aimait aller prendre un verre dans les établissements de la rue Bishop, au centre-ville, et de la rue Crescent, là où se trouve aujourd’hui le pub Sir Winston Churchill. En face de ce dernier, au 1420 rue Crescent, se trouve la gigantesque murale Tower of Songs, du portraitiste américain El Mac et du Montréalais Gene Pendon, qui lui est consacrée. C’est l’un des endroits les plus photographiés de Montréal et, sur Instagram, de nombreuses célébrités, tels l’actrice Michelle Pfieffer et l’auteur-compositeur-interprète Jimmy Buffett, y sont allées de leurs prises de vue en compagnie de l’enfant du pays.   

Notre-Dame-de-Bon-Secours : Our lady of the harbour

Dans le Vieux-Montréal, les visiteurs de Notre-Dame-de-Bon-Secours, la fameuse chapelle des marins datant du XVIIIe siècle, font, comme Cohen, un voyage dans le temps. Dans sa chanson Suzanne, à propos de la danseuse Suzanne Verdal, avec qui le poète aimait se promener dans le Vieux-Port, les vers « And the sun pours down like honey / On you lady of the harbour » sont une allusion à la statue de la vierge Marie qui se trouve au sommet de la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours. « J’allais souvent à cette église autrefois », a confié Cohen au magazine Maclean’s en 2008. 

Cohen éternel

La congrégation Shaar Hashomayim (450 avenue Kensington) a depuis longtemps des liens étroits avec la famille Cohen : le grand-père et l’arrière-grand-père de l’artiste étaient présidents de la synagogue de Westmount et c’est là qu’il a célébré sa bar-mitsvah. C’est le chœur de la synagogue que l’on entend dans la chanson « You Want it Darker » de l’album du même nom qui a remporté un Grammy en 2016.  

Leonard Cohen a été enterré dans la concession familiale du cimetière de la congrégation Shaar Hashomayim (1250 chemin de la Forêt), sur le versant nord du mont Royal. 

Richard Burnett

Richard « Bugs » Burnett est un auteur, rédacteur, journaliste, blogueur et chroniqueur canadien. Il écrit pour des hebdomadaires indépendants ainsi que des publications grand public et LGBTQ. De plus, Bugs connaît Montréal comme une drag queen connaît les produits de beauté.

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