Les grandes expositions de l’automne et de l’hiver 2018-2019

Richard Burnett

Les sculptures du grand artiste américain Alexander Calder et le Manifesto de l’artiste et cinéaste allemand Julian Rosefelt, une œuvre qui a fait sensation partout où elle a été présentée, seront des expositions montréalaises à ne pas manquer cet automne et cet hiver.

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Inventeur radical

Au Musée des beaux-arts de Montréal, Alexander Calder : Un inventeur radical est la première grande rétrospective canadienne consacrée au peintre et sculpteur américain Alexander Calder (1898-1976), artiste majeur du XXe siècle. Calder est particulièrement aimé à Montréal, où sa sculpture monumentale Trois disques — créée à l’occasion d’Expo 67 et plus connue sous le nom Homme de Calder — est une œuvre emblématique de la métropole.

L’exposition donne à voir une centaine d’œuvres de l’artiste, enfant prodige qui, dans les années 1920, a créé son propre langage en fréquentant les cercles influents de l’époque, côtoyant, à Paris, la crème des artistes et intellectuels de l’avant-garde, Cocteau, Miró et Le Corbusier, notamment. En introduisant une quatrième dimension à la sculpture — le temps —, Calder a changé la façon dont les objets animent l’espace, plus particulièrement avec les mobiles, dont il est l’inventeur.

Une partie de l’exposition est consacrée à la sculpture Trois disques, un « stabile » de 22 mètres de hauteur commandé à l’occasion d’Expo 67 et installé dans le parc Jean-Drapeau. La maquette originale est présentée aux côtés d’un film d’archive montrant l’installation de l’œuvre, entre autres documents ayant trait à l’exposition universelle.

Alexander Calder : Un inventeur radical est présentée au Musée des beaux-arts de Montréal, du 21 septembre 2018 au 24 février 2019.

L’univers de Cristóbal Balenciaga

Au Musée McCord, le couturier espagnol Cristóbal Balenciaga (1895-1972), fondateur de la célèbre maison qui porte son nom, fait l’objet d’une rétrospective, Balenciaga - Maître de la haute couture, conçue par le Victoria and Albert Museum de Londres.

Vénéré tant par ses contemporains que par les générations qui l’ont suivi, Cristóbal Balenciaga a été à « l’apogée de la haute couture des années 1950 et 1960 ». Son raffinement, son emploi avant-gardiste des tissus et ses coupes innovantes ont préfiguré la modernité de la seconde moitié du XXe siècle. Plus de 100 tenues et chapeaux sont présentés, outre des croquis, des photos et des échantillons de tissu qui mettent en contexte les vêtements et les patrons. Des radiographies, des toiles et des films mettent par ailleurs en évidence les techniques de construction et de fabrication.

Présentée en exclusivité nord-américaine, l’exposition Balenciaga - Maître de la haute couture quitte l’affiche le 14 octobre. En raison de l’engouement qu’elle a suscité, le Musée McCord a décidé de prolonger ses heures d’ouverture jusqu’à 21 h les jeudis et vendredis des deux dernières semaines d’exposition, soit les 4, 5, 11 et 12 octobre.

Ombres sans frontières

L’exposition interactive Ombres sans frontières du Musée McCord est une réflexion sur l’exil. À l’aide de lampes de poche, les visiteurs découvrent une série d’installations qui mettent en lumière des fragments de vie de réfugiés de camps grecs et turcs.

En jouant avec l’ombre et la lumière, le visiteur peut éclairer ou choisir de laisser dans l’obscurité un objet particulier, un moment ou un endroit. L’installation est appelée à évoluer au fil du temps, au fur et à mesure que les visiteurs — et des réfugiés nouvellement arrivés au Canada — y ajoutent leurs propres créations pour exprimer ce qui est leur propre concept de patrie.

Ombres sans lumières est présenté au Musée McCord du 21 novembre 2018 au 6 janvier 2019.

Reines de l’Égypte ancienne

Faites un voyage dans le temps à Pointe-à-Callières, la cité d’archéologie et d’histoire de Montréal, où l’exposition Reines d’Égypte est à l’affiche. Vous y ferez la connaissance de femmes remarquables, les épouses, les mères, les sœurs et les filles des pharaons du Nouvel Empire, il y a environ 3500 ans.

L’exposition rassemble plus de 350 artéfacts rares et précieux, dont des statues monumentales de Sekhmet, la déesse à tête de lion, des fresques, des sarcophages, une momie, des objets funéraires et des bijoux associés à des reines de légende telles que Néfertari, Néfertiti et Hatchepsout.

Réalisée par Pointe-à-Callière en collaboration avec le Museo Egizio de Turin — qui possède la deuxième plus grande collection d’antiquités égyptiennes après le Musée du Caire —, cette exposition est présentée jusqu’au 4 novembre.

Art contemporain

Performance, peinture, sculpture, installation vidéo et manifeste sont au programme du Musée d’art contemporain, que les Montréalais aiment surnommer « le MAC ».

Une rétrospective y est consacrée à la formidable artiste québécoise Françoise Sullivan, cosignataire du manifeste Refus global, et on pourra y voir et faire l’expérience du Manifesto de Julian Rosefeldt, une surprenante installation vidéo de 13 canaux dans laquelle l’actrice Cate Blanchett campe 13 rôles différents qui rend hommage à la tradition et à la beauté littéraire des manifestes d’artistes.

Manifesto a été installée une bonne dizaine de fois dans le monde entier. Sa présentation à Montréal n’est que la deuxième en Amérique du Nord, après celle du Park Avenue Armory Hall, à New York.

Pour établir un lien entre la rétrospective consacrée à Françoise Sullivan et le Manifesto de Julian Rosefeldt, le MAC présente Partitions, une exposition documentaire présentant des originaux de manifestes historiques. Elle est ponctuée de trois œuvres de Filippo Tommaso, de Romany Eveleigh et de Mathieu Beauséjour, qui évoque aussi l’importance de la matérialité du manifeste.

Ces trois expositions sont présentées au MAC du 20 octobre 2018 au 20 janvier 2019.

Du film à l’architecture

Le Centre Canadien d’Architecture n’est pas seulement un joyau architectural au cœur de la ville : c’est aussi un musée de renommée mondiale et « une institution de recherche internationale qui repose sur l’idée que l’architecture est d’intérêt public ».

La nouvelle exposition du CCA, Récits pour un monde nouveau : scénarimages par Alessandro Poli, explore comment les divers éléments d’un film — l’image, le scénarimage, le scénario et le son — ont créé un nouveau langage architectural dans l’œuvre d’Alessandro Poli, un architecte, designer et artiste italien, membre du Superstudio de 1970 à 1972.

Elle est présentée du 21 septembre 2018 au 20 janvier 2019.

Boutiques parisiennes

Paris et Montréal sont deux des plus grandes métropoles francophones au monde. Au Musée Stewart, vous pouvez faire un petit tour à Paris sans quitter Montréal en voyant Paris en vitrine - Les boutiques au 18e siècle.

L’exposition reconstitue des boutiques de la Ville Lumière du XVIIIe siècle dans trois de ses quartiers historiques, la Cité, la Ville et l’Université. Quelque 300 artéfacts issus de la collection permanente du musée recréent ces échoppes parisiennes et évoquent les marchands d’une société de consommation en devenir. Jusqu’au 24 mars 2019.

Richard Burnett

Richard Burnett, blogueur

Richard « Bugs » Burnett est un auteur, rédacteur, journaliste, blogueur et chroniqueur canadien. Il écrit pour des hebdomadaires indépendants ainsi que des publications grand public et LGBTQ. De plus, Bugs connaît Montréal comme une drag queen connaît les produits de beauté.

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