Cabane à sucre pour les nuls

Vous avez sans doute entendu parler des « sucres », cet étonnant rituel printanier que les habitants du nord-est de l’Amérique observent fidèlement? Si vous voulez en savoir plus sur la cabane à sucre et sur le déroulement de ces rencontres festives, voici des réponses à vos questions.

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Dame Nature est en grande partie responsable de la popularité des cabanes à sucre dans notre région du globe. Oui, les érables adorent les hivers rigoureux et, pour que leur sève commence à couler au printemps, ils ont besoin de températures froides la nuit et d’ensoleillement le jour. C’est exactement le climat que nous avons ici au Québec. Saviez-vous que le Canada produit près de 80 % de l’offre mondiale de sirop d’érable et que le Québec à lui seul assure 90 % de la production canadienne? En 2016, près de 71,4 % de la production mondiale de sirop d’érable provenait du Québec (source : Fédération des producteurs acéricoles du Québec). Et notre sirop d’érable est sans contredit le meilleur au monde!

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Un peu d’histoire

Commençons par un bref rappel historique. Les premiers colons ont remarqué que les Autochtones fabriquaient du sirop d’érable au printemps et que la forte teneur en calories de cet aliment leur permettait de survivre aux longs mois d’hiver. Les colons ont alors mis au point diverses techniques pour améliorer le mécanisme rudimentaire d’entaillage des érables et de fabrication du sucre d’érable, la forme sous laquelle ils conservaient la précieuse sève (le sirop est arrivé plus tard). Pour le consommer, ils coupaient le sucre en tranches qu’ils râpaient directement dans les assiettes.

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Quoi manger à la cabane à sucre?

Des produits de l’érable, naturellement! En fait, tous les aliments baignent dans le sirop d’érable! Un repas de cabane à sucre n’est pas une mince affaire et vous devez vous mettre en appétit en vue d’un copieux et délicieux repas à saveur d’érable qui ne laisse personne sur sa faim. Un petit conseil : mangez lentement si vous voulez tenir le coup jusqu’à la fin du repas. C’est un marathon et non un sprint, il faut donc y aller doucement pour goûter à chaque plat et ne pas abuser du pain.

À la cabane à sucre, le repas commence invariablement par une généreuse portion de soupe aux pois au jarret de porc. Suivent une myriade de savoureux mets traditionnels comme le jambon au four, l’omelette ou les œufs brouillés, les saucisses, la tourtière (le fameux pâté à la viande), les fèves au lard, les cretons (une sorte de pâté de porc) et les « oreilles de crisse », de la couenne de porc frite. Miam! Tous ces plats sont apprêtés à l’érable. Vous devez absolument verser du sirop sur tout, même sur votre tranche de pain beurrée.

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Et que dire des desserts : tartes au sucre, beignets et crêpes à l’érable et bien d’autres sucreries qui feront la vie dure à vos dents! Le comble de cette orgie de sucre est sans contredit la tire d’érable. À la fin du repas, on verse du sirop bouillant sur de la neige compactée en formant de petites bandes dorées. L’idée, c’est de laisser le sirop durcir sur la neige, puis de rouler la tire sur des bâtonnets de bois et de la déguster comme une sucette. Petits et grands de tous âges adorent ce rituel et il serait impensable d’aller à la cabane à sucre sans déguster de la tire d’érable.

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Quoi faire à la cabane à sucre?

À part manger, que fait-on à la cabane à sucre, vous demandez-vous? Et bien, les activités varient d’un endroit à l’autre. Au Québec, la plupart des cabanes sont des entreprises familiales de taille petite ou moyenne, mais il existe aussi des salles commerciales immenses. Certaines cabanes traditionnelles proposent des promenades en carrioles tirées par des chevaux ou des tracteurs dans l’érablière, des randonnées pédestres, des excursions en forêt, de la musique et des danses traditionnelles, une visite aux animaux de la ferme, des balades en raquettes et une démonstration sur la fabrication du sirop d’érable. Vous avez le choix entre un éventail de grandes salles à manger, des salles plus intimes et de petites cabanes. Tout dépend de l’expérience que vous souhaitez vivre et de la taille de votre groupe.

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Quelle cabane à sucre choisir?

Les cabanes à sucre sont tellement nombreuses et si différentes les unes des autres qu’il est parfois difficile de trouver celle qui répond le mieux à nos attentes. Naturellement, la plupart des cabanes sont situées dans des érablières hors de la ville. Nos préférences vont de la traditionnelle Sucrerie de la Montagne à la plus contemporaine Érablière Shefford ou encore à la crème de toutes, Au pied de cochon, qui affiche malheureusement souvent complet. Si vous ne pouvez pas sortir de la ville au printemps, les nombreuses cabanes à sucre urbaines qui ont proliféré ces dernières années sauront satisfaire votre envie de sucre d’érable au sortir du long hiver. Quel que soit votre choix, assurez-vous de réserver à l’avance. Cette expérience gastronomique et gargantuesque est très populaire et ne dure que quelques semaines par année, de la fin février à avril. Les cabanes se remplissent très vite.

Pour une expérience gourmande avec un accent de fraîcheur, Labonté de la pomme présente la toute première Cabane à pommes au Québec mettant à l’honneur les produits du terroir et autres gourmandises sorties du four à bois. Les propriétaires de ce verger familial situé à Oka, à quelque 45 minutes de route de Montréal, proposent une foule d’activités familiales tout au long de l’année, et tiennent un Magasin général où vous pouvez acheter des cadeaux gourmands. La Cabane à pommes... et à l’érable vous invite durant le temps des sucres, en mars et avril ; pour le brunch de la Fête des mères au temps des pommiers en fleurs ; pour les brunchs gourmands et les soupers du samedi soir, de la mi-août jusqu’à la fin octobre. Bon appétit!

Mayssam Samaha

Mayssam Samaha, blogueuse

Mayssam Samaha est blogueuse et journaliste gastronomie et voyage. Elle parcourt le globe en quête de trouvailles culinaires, réservant souvent une table avant d’acheter un billet d’avion. De l’Islande à l’Afrique du Sud, elle a visité plus de 30 pays. Son activité préférée à l’étranger : se balader dans un marché.

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