Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la poutine

Jason Lee

Quand on voyage dans une grande ville, il y a des choses qu’on doit faire à tout prix. À Montréal, par exemple, il faut voir la basilique Notre-Dame, faire un tour sur la place Jacques-Cartier, prendre part aux tam-tam dominicaux du mont Royal et, au sommet de ce dernier, se délecter de la vue sur la métropole et le Saint-Laurent. Mais, le plus important quand on vient à Montréal, c’est d’avoir un bon coup de fourchette : la première chose à laquelle vous devrez goûter en arrivant en ville, c’est à notre fameuse poutine!

La modeste poutine est, pour ainsi dire, le plat national de la Belle Province. Qu’est-ce qu’une poutine? Un plat de frites garnies de fromage en grains qui couine et d’une sauce brune. Mais, en vérité, la poutine, c’est bien plus que ça.

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Un peu d’histoire

L’origine de la poutine est âprement débattue. Il existe trois hypothèses au sujet de sa création, qui, toutes, ramènent néanmoins à la même région.

 

Première version

Selon cette hypothèse, la poutine serait née dans le village de Warwick, au nord-est de Montréal, où, en 1957, le restaurant Le lutin qui rit aurait servi la toute première poutine du Québec. Un client fidèle nommé Eddy Lainesse y aurait commandé des frites et demandé qu’on y ajoute du fromage en grains. Le propriétaire, Fernand Lachance, aurait répondu : « ça va faire une maudite poutine! », ce qui, grosso modo, signifie « ça va faire une sacrée pagaille ». Il décida pourtant d’offrir à sa clientèle le mets « créé » par monsieur Lainesse et, plus tard, de le garnir de sauce brune. Un menu du Lutin qui rit de 1957 atteste qu’on pouvait alors y commander une poutine, pour un gros 35 sous.

 

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Deuxième version

Selon une deuxième hypothèse, la poutine serait née à Drummondville, à 45 minutes à l’ouest de Warwick, au restaurant Le Roy Jucep, du nom de son propriétaire, Jean-Paul Roy. En 1950, Roy y aurait mis au menu une « patate sauce ». Les clients y auraient ajouté leur propre fromage en crottes et, quand la version fromagère est devenue populaire, le restaurant aurait décidé de la mettre au menu. L’établissement a quand même reçu de l’Office de la propriété intellectuelle du Canada un certificat qui atteste qu’il est l’inventeur de la poutine.

Troisième version

On a peu de détails sur cette hypothèse, mais, selon cette dernière, la poutine aurait été inventée au restaurant La P’tite vache de Princeville. Du fromage en grains y aurait été vendu au comptoir et les clients en auraient garni leur portion de frites. L’endroit aurait décidé d’inclure ce mets au menu, de le garnir de sauce et de le nommer « frite mixte ».

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C’est bien beau de savoir d’où vient la poutine, mais, le plus important, c’est encore de savoir où en manger une! Elle est au menu de toutes sortes d’établissements en ville, du resto chic au casse-croûte.

Frites, fromage en grains et sauce brune sont des ingrédients sans noblesse, pensez-vous. Détrompez-vous, dans les mains des meilleurs chefs montréalais, la poutine se fait gastronomique! Le célèbre Chuck Hughes du restaurant Le Garde-Manger en a fait une version au homard qui compte de nombreux adeptes dans son resto branché et couru du Vieux-Montréal. C’est même avec elle qu’il a défait le chef Bobby Flay, quand il a pris part au concours culinaire de l’émission Iron Chef America.

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Martin Picard l’a réinventée en la garnissant de foie gras. Ses frites coupées à la main sont cuites dans du gras de canard, son fromage en grains est recouvert d’un généreux lobe de foie gras et d’une sauce au… foie gras de canard. Elle fait un tabac à son restaurant Au Pied de Cochon.

La poutine se mange à toutes les sauces dans les casse-croûte comme La Banquise (ouvert jour et nuit), où ses garnitures sont bien plus que fromagères. Dans les succursales de Poutineville, on peut même créer sa propre version, en choisissant au menu les ingrédients qui lui conféreront une toute nouvelle personnalité.

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La poutine n’est pas un plat qui s’avale au petit-déjeuner, direz-vous. Eh bien, vous changerez d’idée quand vous aurez essayé celle du Fabergé (oignons caramélisés, poivrons, bacon, sauce hollandaise et œuf tourné léger) ou celle « du lendemain » du Burger Bar Crescent (champignons sauvages sautés, œuf frit, huile de truffe et morceaux de bacon).

Il n’y a pas de limite à ce qu’on peut faire avec une poutine, mais on ne se lasse jamais de l’originale! Voici où en manger en ville, des classiques, des excentriques, des végés et même des véganes.

 

Chez Claudette 351, avenue Laurier Est

Chez Tousignant 6956, rue Drolet

Chez Ma Tante 3180, rue Fleury Est

Décarie Hot Dog 953, boulevard Décarie

Deville Dinerbar 1425, rue Stanley

Dunn’s Famous Delicatessen plusieurs emplacements

Frite Alors! plusieurs emplacements

La Belle Province plusieurs emplacements

La Belle & La Boeuf plusieurs emplacements

Lola Rosa Parc 4581, avenue du Parc

Maamm Bolduc 4351, rue de Lorimier

Mâche 1655, rue Saint-Denis Street

Ma Poule Mouillée 969, rue Rachel Est

Mister Steer Restaurant 1198, rue Saint Catherine Ouest

Montreal Pool Room 1217, boulevard Saint-Laurent

Montreal Poutine 181, rue Saint Paul Est

Orange Julep 7700, boulevard Décarie

Paulo et Suzanne 5501, boulevard Gouin Ouest

Paul Patates 760, rue Charlevoix

Patati Patata 4177, boulevard Saint-Laurent

Restaurant Greenspot 3041, rue Notre-Dame Ouest

Jason Lee

Jason Lee, blogueur

Dans la vie, Jason aime deux choses : manger et prendre des photos. Dans son blogue, Shut Up and Eat, il passe à table et livre recettes et critiques. Jason s’est donné pour mission de planter sa fourchette dans tous les restos de Montréal, car sa faim justifie les moyens.

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