Le quartier chinois de Montréal

Lorsqu’on visite une ville pour la première fois, on s’en remet généralement aux conseils des guides de voyage et des résidents pour trouver des activités à faire, des tables branchées où manger et des attractions à découvrir. Dans la plupart des grandes villes nord-américaines, il existe un quartier chinois où des entreprises, des restaurants et des commerces asiatiques sont concentrés dans un secteur précis. Voici notre guide du quartier chinois montréalais, afin de vous aider à partir à la découverte de ce coin de ville animé et coloré.

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Emplacement et histoire

Gros pâté de maisons de l’arrondissement Ville-Marie, le quartier chinois montréalais est délimité par la rue Saint-Dominique, à l’est, par le boulevard René-Lévesque, au nord, par la rue Viger, au sud, et par la rue Jeanne-Mance, à l’ouest. L’essentiel de son activité commerciale se concentre sur le boulevard Saint-Laurent et dans la rue de la Gauchetière, piétonnière à cet endroit. À ses quatre coins ont été érigées des paifang, des arches traditionnelles ouvragées qui marquent son périmètre. Le quartier chinois montréalais possède plus de paifang que tout autre quartier asiatique au Canada.

Ces quatre arches se situent :

À l’intersection des rues Saint-Dominique et de la Gauchetière (à l’est)

À l’intersection de la rue Jeanne-Mance et du boulevard René-Lévesque (à l’ouest)

À l’intersection du boulevard Saint-Laurent et du boulevard René-Lévesque (au nord)

À l’intersection du boulevard Saint-Laurent et de la rue Viger (au sud)

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Le quartier chinois montréalais a vu le jour dans les années 1890 — c’est l’une des plus anciennes communautés asiatiques d’Amérique du Nord. —, alors que les immigrants chinois qui travaillaient dans les mines et à la construction du chemin de fer à l’ouest du pays élisent domicile dans la métropole québécoise. Plusieurs commerces, dont des buanderies, ouvrent alors rue de la Gauchetière. Depuis sa création, il a échappé aux expropriations et aux développements immobiliers.

S’il devient une attraction touristique dans les années 1960, à la suite de la tenue à Montréal de l’exposition universelle, Expo 67, ce n’est que dans les années 1980 que le secteur prend réellement son essor, avec la piétonnisation de la rue de la Gauchetière. Cette dernière fut suivie par la construction d’un centre communautaire chinois catholique, d’habitations à loyer modéré (avec des étages réservés aux personnes âgées et aux familles à faibles revenus) et, en 1999, du tout premier hôpital chinois au Canada.

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À voir et à faire dans le quartier chinois

Avec plus d’un siècle d’histoire, le quartier ne manque pas de points d’intérêt. La meilleure façon de le découvrir est de se promener dans ses rues animées et colorées. Voici nos suggestions.

Murale May an Old Song Open a New World

Superbe (elle fera un tabac sur Instagram), la murale de Gene Pendon et de Bryan Beyung (deux artistes d’origine asiatique) orne un mur adjacent à l’arche située au nord du quartier, à l’intersection des boulevards René-Lévesque et Saint-Laurent. C’est une réalisation de MU, un organisme dont l’objectif est d’embellir Montréal en aidant à la création de murales qui reflètent le caractère des communautés locales.

L’édifice Wing

Situé à l’intersection des rues de la Gauchetière et Côté, l’édifice Wing, de 1826, serait l’un des plus vieux bâtiments du secteur. Il a été conçu par James O’Donnel, l’architecte de la fameuse basilique Notre-Dame, dans le Vieux-Montréal. École militaire, puis manufacture de boîtes en carton et entrepôt, il abrite à présent un fabricant de nouilles, Wing Hing Lung (souvent écourté en Wing’s), qui fut le premier à produire des biscuits chinois (fortune cookies) … bilingues !

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La place Sun Yat Sen

Au cœur du quartier chinois, à l’intersection des rues Clark et de la Gauchetière, cet espace public porte le nom d’un révolutionnaire et homme d’État chinois. Construit par huit artisans venus spécialement de Shanghai, il a été conçu selon les règles de l’art, à partir de matériaux et de méthodes traditionnels. Au nord, un mur présente un paysage gravé dans de l’ardoise grise et à l’est, une structure décorative traditionnelle, avec poutres, solives et linteaux colorés, abrite un magasin de souvenirs.

Les tongs

Les tongs (« salles » ou « lieux de rencontre ») sont des associations sans but lucratif fondées par les membres d’une même famille qui ont été constituées dans le but d’aider et de conseiller les nouveaux arrivants du quartier. Les associations de la famille Lee (90, rue de la Gauchetière) et Wong Wun Sun (75, rue de la Gauchetière) seraient des plus anciennes au pays. Les visiteurs sont conviés à y admirer photos et objets accumulés au cours du temps, dont certains sont centenaires.

La zone piétonnière de la rue de la Gauchetière

Rue de la Gauchetière, dans la portion fermée à la circulation automobile, des braderies et des événements sont organisés, notamment durant le Festival de la lune de mi-automne. En été, les commerçants y installent des tables où ils vendent souvenirs et sucreries.

Manger et boire dans le quartier chinois

Avec le temps, c’est un commerce diversifié représentatif de la mosaïque identitaire de ce secteur animé de la ville qui a grossi l’offre des petites épiceries, des casse-croûtes et des restaurants à l’origine du quartier. Des Chinois hongkongais, continentaux et réfugiés du Sud-est asiatique peuplent aujourd’hui l’endroit.

Au-delà des stands et des magasins de souvenirs et de bébelles, on y trouve des boutiques que les Montréalais d’origine asiatique aiment fréquenter pour leurs produits importés. Il y a, par exemple, des pharmacies dans lesquelles acheter des thés et des tisanes et une foule de crèmes et d’onguents. Enfin, on peut y manger la cuisine chinoise et asiatique la plus authentique qu’il soit.

Dim Sum

 Les dim sum (littéralement « touche le cœur ») sont des assortiments de mets délicats, — dumplings, petits pains vapeur (salés ou sucrés) et aliments sautés à feu vif — servis au brunch de fin de semaine. Le Restaurant ChinaTown Kim Fung et le Restaurant Ruby Rouge en servent des traditionnels.

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Cuisine sichuanaise

Charmez votre palais au KanBai, où vous succomberez au savoir-faire culinaire sichuanais. Pour un « souper-spectacle », optez pour Nouilles de Lan Zhou ou NUDO, spécialisés dans les nouilles étirées à la main. À leur entrée, le bruit de la pâte frappée sur un plan de travail afin de la transformer en fins rubans devrait vous mettre en appétit.

Sur le pouce

Ne manquez pas de prendre place dans un des cha chan tengs (« restaurants de thé ») du quartier. Comptoirs similaires à ceux que l’on trouve à Hong Kong, ils servent généralement des snacks, des repas légers et des boissons à base de thé ou de café. Dobe & Andy et Restaurant Ethan ne vous décevront pas. Commandez-y de délicieuses nouilles sautées au porc ou au canard, une classique soupe de macaronis au jambon et encore du pain doré frit, et faites glisser le tout avec un thé au lait froid et sucré.

Douceurs

Impossible de quitter le quartier sans avoir goûté à des pâtisseries chinoises. Faites un tour à la Pâtisserie Harmonie, ou remplir une boîte de douceurs, de petits pains fourrés à la pâte aux fèves rouges sucrées et de tartes aux œufs (crème pâtissière). Et surtout, faites une halte à Dragon Beard Candy, pour découvrir un produit de confiserie traditionnel. Préparée au fur et à mesure, cette « barbe de dragon » faite de sucre étirée à répétition par un maître-pâtissier jusqu’à produire une boule cotonneuse de milliers de petits filaments est fourrée d’une pâte à l’arachide et au sésame.

Tout le monde est le bienvenu dans le quartier chinois, qu’on s’y trouve par soif de connaissance ou par gourmandise !

Jason Lee

Jason Lee, blogueur

Dans la vie, Jason aime deux choses : manger et prendre des photos. Dans son blogue, Shut Up and Eat, il passe à table et livre recettes et critiques. Jason s’est donné pour mission de planter sa fourchette dans tous les restos de Montréal, car sa faim justifie les moyens.

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