Découvrir le quartier chinois de Montréal

Jason Lee

Dans la vie, Jason aime deux choses : manger et prendre des photos. Dans son blogue, Shut Up and Eat, il passe à table et livre recettes et critiques. Jason s’est donné pour mission de planter sa fourchette dans tous les restos de Montréal, car sa faim justifie les moyens.

Cet article a été mis à jour le 3 février 2022.

Lorsqu’on visite une ville pour la première fois, on s’en remet généralement aux conseils des guides de voyage et des résidents pour trouver des activités à faire, des tables branchées où manger et des attractions à découvrir. Peu importe la ville où vous êtes, vous y trouverez fort probablement un quartier chinois.

Le Quartier chinois de Montréal a récemment été désigné premier site historique de la ville (la plus haute classification de protection du patrimoine attribuée par Québec) par le gouvernement provincial. Avec des commerces et des bâtiments qui remontent jusqu’à l’année 1826, ce quartier coloré vaut le détour. Voici ses attraits.

Histoire

Gros pâté de maisons de l’arrondissement de Ville-Marie, le quartier chinois montréalais est délimité par la rue Saint-Dominique, à l’est, par le boulevard René-Lévesque, au nord, par la rue Viger, au sud, et par la rue Jeanne-Mance, à l’ouest. Ses quatre coins sont marqués par de grandes paifang – nul autre quartier chinois en possède autant au Canada.

Ce secteur animé de la ville a été établi au début des années 1890. Grâce à plusieurs commerces chinois dans la rue de la Gauchetière ainsi qu’aux buanderies du secteur, un quartier chinois a commencé à émerger à Montréal.

Au fil des ans, le quartier chinois de Montréal a su survivre à des vagues d’expropriation et de développement.

La première initiative qui a permis de raviver le secteur a été la piétonnisation de la rue de la Gauchetière. Cette dernière a été suivie par la construction d’un centre communautaire chinois catholique, d’habitations à loyer modéré (avec des étages réservés aux personnes âgées et aux familles à faibles revenus) et, en 1999, du tout premier hôpital chinois au Canada.

Attraits

Baigné d’histoire, le quartier chinois possède une foule de points d’intérêt à découvrir.
 

L’édifice Wing

Situé à l’intersection des rues de la Gauchetière et Côté, l’édifice Wing, de 1826, serait l’un des plus vieux bâtiments du secteur. Il a été conçu par James O’Donnel, l’architecte de la fameuse basilique Notre-Dame, dans le Vieux-Montréal. École militaire, puis manufacture de boîtes en carton et entrepôt, il abrite à présent un fabricant de nouilles, Wing Hing Lung (souvent écourté en Wing’s), qui fut le premier à produire des biscuits chinois (fortune cookies) … bilingues !

La place Sun Yat Sen

Au cœur du quartier chinois, cet espace public porte le nom du père idéologique de la Chine moderne. Construit par huit artisans venus spécialement de Shanghai, il a été conçu selon les règles de l’art, à partir de matériaux et de méthodes traditionnels. Au nord, un mur présente un paysage gravé dans de l’ardoise grise et à l’est, une structure décorative traditionnelle, avec poutres, solives et linteaux colorés, abrite un magasin de souvenirs.

Les tongs

Les tongs (« salles » ou « lieux de rencontre ») sont des associations sans but lucratif fondées par les membres d’une même famille qui ont été constituées dans le but d’aider et de conseiller les nouveaux arrivants du quartier. Les associations de la famille Lee (90, rue de la Gauchetière) et Wong Wun Sun (75, rue de la Gauchetière) seraient des plus anciennes au pays. Les visiteurs sont conviés à y admirer photos et objets accumulés au cours du temps, dont certains sont centenaires.

La zone piétonnière de la rue de la Gauchetière

Dans la portion fermée à la circulation automobile de l’artère, des braderies et des événements sont organisés, notamment durant le Festival de la lune de mi-automne. En été, les commerçants y installent des tables où ils vendent souvenirs et sucreries.

Manger et boire

Avec le temps, c’est un commerce diversifié représentatif de la mosaïque identitaire de ce secteur animé de la ville qui a grossi l’offre des petites épiceries, des casse-croûtes et des restaurants à l’origine du quartier. Des Chinois hongkongais, continentaux et réfugiés du Sud-est asiatique peuplent aujourd’hui l’endroit.

Au-delà des stands et des magasins de souvenirs et de bébelles, on y trouve des boutiques que les Montréalais d’origine asiatique aiment fréquenter pour leurs produits importés. Il y a, par exemple, des pharmacies dans lesquelles acheter des thés et des tisanes et une foule de crèmes et d’onguents. Enfin, on peut y manger la cuisine chinoise et asiatique la plus authentique qu’il soit.

Dim Sum

 Les dim sum (littéralement « touche le cœur ») sont des assortiments de mets délicats, — dumplings, petits pains vapeur (salés ou sucrés) et aliments sautés à feu vif — servis au brunch de fin de semaine. Le Restaurant Kim Fung et le Restaurant Ruby Rouge en servent des traditionnels.

Cuisine sichuanaise

Charmez votre palais au Restaurant KanBai, où vous succomberez au savoir-faire culinaire sichuanais. Pour un « souper-spectacle », optez pour Nouilles de Lan Zhou ou NUDO, spécialisés dans les nouilles étirées à la main. À leur entrée, le bruit de la pâte frappée sur un plan de travail afin de la transformer en fins rubans devrait vous mettre en appétit.

Sur le pouce

Ne manquez pas de prendre place dans un des cha chan tengs (« restaurants de thé ») du quartier. Comptoirs similaires à ceux que l’on trouve à Hong Kong, ils servent généralement des snacks, des repas légers et des boissons à base de thé ou de café. Dobe & Andy et Restaurant Ethan ne vous décevront pas. Commandez-y de délicieuses nouilles sautées au porc ou au canard, une classique soupe de macaronis au jambon et encore du pain doré frit, et faites glisser le tout avec un thé au lait froid et sucré.

Douceurs

Impossible de quitter le quartier sans avoir goûté à des pâtisseries chinoises. Faites un tour à la Pâtisserie Harmonie ou à la Pâtisserie Coco, où vous pourrez faire le plein de douceurs, de petits pains fourrés à la pâte aux fèves rouges et de tartes aux œufs (crème pâtissière). Et surtout, faites une halte à Dragon Beard Candy pour découvrir un produit de confiserie traditionnel. Préparée au fur et à mesure, cette « barbe de dragon » faite de sucre étirée à répétition par un maître-pâtissier jusqu’à produire une boule cotonneuse de milliers de petits filaments est fourrée d’une pâte à l’arachide et au sésame.

Tout le monde est le bienvenu dans le quartier chinois, qu’on s’y trouve par soif de connaissance ou par gourmandise !

Jason Lee

Dans la vie, Jason aime deux choses : manger et prendre des photos. Dans son blogue, Shut Up and Eat, il passe à table et livre recettes et critiques. Jason s’est donné pour mission de planter sa fourchette dans tous les restos de Montréal, car sa faim justifie les moyens.

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