Les meilleurs endroits où encourager des groupes indépendants à Montréal

Musique Festivals et événements
Foufounes Électriques
Mark Andrew Hamilton

Mark Hamilton

La scène de la musique indé de Montréal est depuis longtemps reconnue pour ses caractéristiques uniques et ses artistes florissants. Mais avant de partir à l’assaut du reste du monde, les groupes la formant ont joué dans plusieurs salles montréalaises qui leur ont servi de tremplin. Voici les principales salles de la ville pour prendre le pouls de la scène indépendante.   

Derrière le rideau rouge

Pendant près d’un siècle, le bâtiment qui abrite La Sala Rossa (4848, boulevard Saint-Laurent) a servi de repère communautaire et culturel pour les communautés juives et espagnoles, ainsi que celle de la musique indépendante. Cofondé en 2001 par Mauro Pezzente, de Godspeed You! Black Emperor, et la sérigraphe Kiva Stimac, la scène au rideau rouge fait depuis longtemps partie des salles où les groupes adorent jouer. 

La maison du people

La Casa Del Popolo (4873, boulevard Saint-Laurent) est la sœur de la Sala, installée de l’autre côté de la rue. À la fois bar, lieu de rassemblement et petite salle de 60 places, l’endroit met au programme des spectacles presque tous les soirs. Malgré sa petite taille, sa réputation est importante sur la scène montréalaise. Non étrangère aux sons plus expérimentaux, la Casa est aussi l’une des salles principales du festival annuel d’intérêt Suoni per il Popolo

« J’y étais »

En montant le boulevard Saint-Laurent un peu plus haut, on arrive au Bar Le Ritz P.D.B. (179, rue Jean-Talon Ouest), un repaire de choix pour les adeptes d’indé, de folk, de hip-hop et d’électro. La feuille de route sans faille de cette salle a permis les prestations de groupes en début de carrière, ce qui donne à plusieurs une raison de lancer : « J’y étais…! » En plus de sa programmation de spectacle, le bar présente également des soirées dansantes au fil de l’année. 

Musique et cocktails

En tant que salle de spectacle, le Turbo Haüs (2040, rue Saint-Denis) repose depuis longtemps sur son esthétique punk DIY, encourageant ainsi la scène locale grâce à sa programmation. Son fondateur, Sergio Da Silva, est dévoué et souhaite protéger les espaces montréalais voués à la performance et à l’écosystème artistique et musical. En ouvrant Le Café Big Trouble à la porte d’à côté, il propose un autre lieu communautaire où se rassembler, cette fois le jour. 

Indé 101

Le Café Campus et le Petit Campus (57 et 57B, rue Prince-Arthur Est) présentent des spectacles depuis 1967. Chaque année, près de 300 prestations sont proposées. Entre les murs de cette coopérative se sont produits des artistes comme Queens of the Stone Age, Weyes Blood et Tame Impala lors de leurs premiers pas à Montréal. Grâce à 600 places à l’étage et 300 dans le « petit » espace, l’endroit est parfait pour faire son éducation musicale. 

De tout bord tout côté

Le Théâtre Fairmount (5240, avenue du Parc) offre des points de vue intéressants grâce à sa scénographie originale et à sa salle tout en largeur, qui permettent à 450 personnes de se rassembler sur trois côtés de la scène. Parmi les artistes légendaires à avoir foulé ses planches, notons Mount Eerie, un jeune groupe Oasis, Destroyer et Rufus Wainwright.

Party de sous-sol

Aussi animé qu’intimiste, L’Escogriffe (4461, rue Saint-Denis) n’est peut-être pas la plus grande salle en ville, mais elle promet des spectacles qui déménagent. Installé sur un coin animé de la rue Saint-Denis, L’Esco est en plein Plateau-Mont-Royal, un quartier reconnu pour l’art et la culture. Entre les prestations, prenez place sur sa terrasse pour observer la faune locale. 

Cerveau créatif

Le bar L’Hémisphère Gauche (221, rue Beaubien Est) est passé maître dans la présentation de spectacles de jeunes artistes de tous les horizons, avec un flair indéniable pour le punk émergent et les groupes indépendants à surveiller. Son plancher surélevé permet d’excellents coups d’œil aux personnes dans le pit ou en périphérie. Situé dans la Petite Italie, il est à proximité d’excellents restaurants. 

Un niveau supérieur

En tchèque, O Patro Výš (356, avenue du Mont-Royal Est) signifie « niveau supérieur ». La salle de 150 places est nichée au-dessus du populaire bar du PlateauBílý Kůň et accueille des spectacles variés, entre alt-rock et hip-hop, et ce, toute la semaine. 

Pionnier des pionniers

Le Quai des Brumes (4481, rue Saint-Denis) sait comment faire lever un spectacle intimiste. Sa scène est petite, mais sa hauteur permet au public une bonne vue sur le spectacle. Le lieu est plein de charme, grâce à ses boiseries, à son plafond à relief et à ses vitraux. Ouvert depuis plus de 40 ans, le Quai des Brumes est une pierre d’assise de la scène montréalaise. 

Choc électrique

Voilà sans aucun doute une des salles montréalaises les plus mythiques. Ouvertes en 1983, Les Foufounes Électriques (87, rue Sainte-Catherine Est) ont vu passer entre leurs murs Nirvana, The Damned, Smashing Pumpkins et Sonic Youth! Situés dans le Quartier des spectacles, les Foufs, avec son esprit industriel-punk, offrent des spectacles de haut voltage.

Fièrement underground

Installé dans le sous-sol du Centro Social Español (où se trouve également La Sala Rossa, deux étages plus haut), La Sotterenea (4848, boulevard Saint-Laurent) présente de petits spectacles dans une salle sombre, parfaite pour les hauts volumes et les publics dansants. Parmi les groupes locaux s’y étant produit : Lesbians on Ecstasy, Knitting et les artistes sous l’étiquette Constellation Records. 

Espace légendaire réinventé

Ayant accueilli des groupes comme Of Montréal et Brian Jonestown Massacre (alors connu sous le nom El Salon, il y a 20 ans), La Toscadura (4388, boulevard Saint-Laurent) est l’une des plus récentes salles de la ville, aussi dans le giron de la famille de La Sala Rossa. Lors de sa première année d’activité, l’endroit a présenté des spectacles de punk et de folk indé, ainsi que des raves et partys queers. 

Du côté du Sud-Ouest

Installé à Pointe-Saint-Charles, le Bâtiment 7 (1900, rue Le Ber) est un lieu communautaire partagé qui offre des espaces pour l’artisanat, l’impression et les arts de la scène. Niché dans un vieux bâtiment industriel, il présente des spectacles de tout genre, entre punk et free jazz. 

Dans les petits pots…

Jadis sous l’égide de la célèbre musicienne montréalaise Martha Wainwright (sous le nom Ursa), le P’tit Ours (5589, avenue du Parc) est l’un des meilleurs endroits en ville pour assister à un spectacle intime donné par des artistes émergents ou établis. Installé sous la galerie Espace POP, opérée par le festival de musique POP Montréal, le P’tit Ours est un petit espace pour la communauté indépendante montréalaise. 

Une tournée des tavernes

Le festival Taverne Tour propose une programmation inspirante d’artistes indés dans une vingtaine de bars et de tavernes (et un disquaire) le long de l’avenue du Mont-Royal, du boulevard Saint-Laurent, de la rue Saint-Denis et de la rue Rachel. Parmi les artistes présents lors de l’édition de février 2026, notons ProtomartyrChristopher Owens (anciennement Girls), Sean Nicholas SavageJulie Doiron et Lydia Lunch. L’application du festival permet de facilement passer d’un spectacle à l’autre. Voici les bars participants : Verre Bouteille (2112, avenue du Mont-Royal Est), La Sotterenea (4848, boulevard Saint-Laurent), Bottes & Whiskey (2047, avenue du Mont-Royal Est), Le Belmont (4483, boulevard Saint-Laurent), Pub West Shefford (1562, avenue du Mont-Royal Est), L’Escogriffe (4461, rue Saint-Denis), Le Ministère (4521, boulevard Saint-Laurent), Les Enfants du Rock (1550, avenue du Mont-Royal Est), La Sala Rossa (4848, boulevard Saint-Laurent), Quai des Brumes (4481, rue Saint-Denis), Barraca (1134, avenue du Mont-Royal Est), Casa del Popolo (4873, boulevard Saint-Laurent), Chez Baptiste Mont-Royal (1045, avenue du Mont-Royal Est), Toscadura (4388, boulevard Saint-Laurent), Taverne Saint-Sacrement (775, avenue du Mont-Royal Est), Rockette (4479, rue Saint-Denis), O Patro Výš (356, avenue du Mont-Royal Est), MR250 (250, avenue du Mont-Royal Est), Dièse Onze (4115, rue Saint-Denis) et Pub Pit Caribou (951, rue Rachel Est). 

Où trouver les spectacles à l’affiche?

La scène indé de Montréal permet à de nombreux promoteurs et producteurs indépendants de butiner, alors il y a toujours une tonne de concerts à l’affiche. Il vaut la peine de suivre les activités de ces groupes pour ne rien manquer :

  • Blue Skies Turn Black présente des artistes dans des espaces allant du P’tit Ours au grand M Telus, en faisant un des programmateurs les plus occupés en ville.
  • Heavy Trip est une agence de talents et un producteur d’événements basé à Montréal. Parmi les artistes qu’il chapeaute, notons Fennesz, Jerusalem in My Heart, Colin Stetson, Hana Stretton et FUJI|||||||||||TA. Le groupe est à l’origine de plusieurs spectacles mémorables.  
  • OK LÀ! met souvent à l’affiche des prestations dans des espaces uniques, un peu partout en ville, y compris le toit de stationnements et des centres culturels. Ses événements organisés avec soin permettent de belles découvertes.  
  • Evenkoattire à Montréal plusieurs groupés indés d’envergure, et met aussi au programme des artistes dans les salles susmentionnées, souvent en collaboration avec des promoteurs indépendants.   
  • POP Montréal présente le festival international de musique du même nom en septembre, mais sa programmation est riche tout au long de l’année.  
Mark Andrew Hamilton

Mark Hamilton

Mark Hamilton est gestionnaire de communauté pour QueerMTL et un musicien dans les formations Woodpigeon, Frontperson et Brittle Dream, ainsi que commissaire et historien spécialisé dans l’activisme LGBTQ+ et la création de zines. Résident de Montréal depuis 2015, on le retrouve le plus souvent en route sur un vélo BIXI, avec quelques minutes de retard.

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