Découvrir les nations autochtones à Montréal

Marisela Amador

Marisela Amador est une journaliste qui travaille dans la communauté Kanien'kehá:ka de Kahnawà:ke. Lorsqu'elle ne rapporte pas l'actualité, elle se promène dans sa ville préférée au monde, Montréal. D'origine latino-américaine, elle aime la bonne nourriture et les boissons, l'art, la culture et passer du temps avec ses amis.

Cet article a été mis à jour le 10 juin 2022.

Pour partir à la découverte des nations autochtones, Montréal a une foule d’activités à offrir. L’exploration des diverses cultures et traditions vous permettra de connaître l’art, l’artisanat, les langues et l’histoire de ces Premiers Peuples. Voici une liste des expériences à ne pas manquer.

 

Culture

Premier centre d’art autochtone autogéré à Montréal, daphne se consacre à la promotion d’artistes autochtones, émergents, établis ou chevronnés, par le biais d’expositions, d’ateliers, de résidences et de commissariat d’exposition. C’est aussi un espace communautaire où découvrir un art autochtone contemporain qui incite aux échanges significatifs entre peuples autochtones et allochtones.

La Biennale d’art contemporain autochtone (BACA), un événement ayant lieu tous les deux ans, a pour mandat de reconnaître et de soutenir l’art et les artistes contemporains autochtones. Cette année, son thème est Land Back, en référence à la mobilisation récente des Autochtones au pays pour regagner l’intendance des terres et des écosystèmes traditionnels.

Huit lieux et institutions prendront part à cette 6e édition de la biennale : La Guilde, Art Mûr, Galerie Stewart Hall, le Musée McCord, Quai 5160 — Maison de la culture de Verdun, le Musée des beaux-arts de Sherbrooke, la Maison des jésuites de Sillery et Expression, le centre d’exposition de Saint-Hyacinthe. 

Par ailleurs, la Galerie Shé:kon, l’espace de la BACA réservé aux artistes émergents, et le centre d’art daphne présenteront deux expositions satellites sur le même thème, Land Back, dans le cadre de l’événement.

Au Musée des beaux-arts de Montréal, c’est l’exposition La musique qui vient du froid : art, chant et danse des Inuit qui sera présentée jusqu’au 9 novembre. Elle regroupera une centaine de sculptures, de gravures, de dessins et d’installations d’artistes renommés qui illustreront la place de la musique dans les arts visuels inuits.

Depuis quelques années déjà, le Musée McCord a entrepris un processus d’autochtonisation de son institution, avec pour objectif d’accroître la visibilité de ses collections autochtones tant aux communautés autochtones qu’au grand public.

À l’affiche en ce moment, l’exposition Piqutiapiit, de Niap, une artiste multidisciplinaire née au Kuujjuaq, au Nunavik, sera présentée jusqu’au 21 août. Elle rend hommage au travail des femmes inuites d’autrefois. Niap est également artiste en résidence au musée. Le programme Artiste en résidence du Musée McCord permet une exploration de ses collections et la création d’œuvres originales par l’artiste en résidence, qui seront exposées.

L’exposition permanente du musée, Voix autochtones d’aujourd’hui : savoir, trauma, résilience, comprend, elle, une centaine d’objets de la collection Cultures autochtones de l’institution et plus de 80 témoignages émouvants de membres des 11 nations autochtones québécoises, afin de mettre en lumière le savoir méconnu des peuples autochtones québécois et canadiens.

Le 10 août, l’Orchestre symphonique de Montréal débutera sa Virée classique sur l’esplanade du Parc olympique avec un fabuleux concert intitulé Aux couleurs des Amériques. Au programme, la Symphonie no 9 « Du Nouveau Monde » de Dvořák, puis une célébration des Premières Nations avec un chant autochtone et un concerto pour trompette du musicien et compositeur cubain Paquito D’Rivera.

Mois national de l’histoire autochtone

C’est en juin que l’on commémore le Mois national de l’histoire autochtone. Pour célébrer la culture des Premiers Peuples, de nombreuses activités sont organisées par Terres en vues, l’organisme à l’origine du festival Présence autochtone.

Le 15 juin, la Cinémathèque québécoise présentera deux classiques du cinéma québécois consacrés à la culture autochtone : Mémoire battante, d’Arthur Lamothe, et Les six saisons des attikameks, de Pierre Dinel.

Le 16 juin, le Nouvel ensemble moderne (NEM) et Terres en vues s’unissent pour présenter un « événement exploratoire » à l’occasion de la dernière création du compositeur Tim Brady, Autour de l’œuvre Uiesh, conçue à partir du recueil intitulé Uiesh (« Quelque part ») de la poétesse innue Joséphine Bacon. Ces poèmes mis en musique seront chantés par la soprano Deantha Edmunds. La première de cette incroyable collaboration est prévue en août, dans le cadre du festival Présence autochtone.

Le 17 juin, dans le Jardin d’art de la Grande Bibliothèque, l’auteur-compositeur-interprète innu Mike Paul chantera en innu, en français et en anglais, et le 18 juin, dans son auditorium, l’autrice et comédienne Natasha Kanapé Fontaine lira des extraits du classique de l’écrivaine innue An Antane Kapesh, Je suis une maudite sauvagesse, qui explore le tragique passage de la vie nomade à la vie dans les réserves. Le spectacle sera entièrement présenté en innu, avec des surtitres français (traduction de José Mailhot).

Festival international Présence autochtone

Chaque année, le Festival international Présence autochtone est la vitrine de la créativité autochtone sur l’île de la Tortue (l’Amérique du Nord) et du monde entier. Pour sa 32e édition, une grande variété de spectacles et d’événements y seront présentés, plusieurs expositions, des projections de courts et de longs métrages et des concerts, notamment. Il aura lieu du 9 au 18 août.
 

Beautés naturelles

Au Jardin botanique de Montréal, le Jardin des Premières-Nations illustre les rapports étroits que les Premières Nations et les Inuits ont toujours entretenus avec le territoire et la nature. Il abrite plus de 300 espèces végétales et a été l’aboutissement de trois années d’efforts. Ce jardin d’une superficie de 2,5 hectares a été inauguré en 2001.

Le mont Royal (la « montagne », comme la surnomment affectueusement les Montréalais) offre trois splendides panoramas sur la ville. Sur l’un de ses sommets, un parc a été rebaptisé Tiohtià:ke Otsira’kéhne (« lieu du grand feu »), en 2017, afin de commémorer l’héritage de la nation mohawk, qui l’utilisait comme balise lumineuse. On y grimpe à pied ou en voiture pour profiter de la vue.

À boire et à manger

Le Café de la Maison ronde, l’unique café autochtone de Montréal, sert un mélange du torréfacteur autochtone Mocassin Jo et une sélection de petits plats, dont de la bannique sucrée et des tacos autochtones. Il a pour mission de favoriser la mixité sociale et l’autonomisation des Autochtones.

Mocassin Jo, un artisan torréfacteur mohawk très en vue de la communauté de Kanesatake, est l’endroit idéal pour faire des emplettes de café et de gourmandises salées et sucrées. Dans les parages, la ferme Skywatcher Alpaca vaut aussi le détour.

 

Une journée à Kahnawá:ke

Pour une immersion complète dans la culture autochtone, il faut quitter l’île de Montréal et conduire une trentaine de minutes jusqu’à la réserve mohawk de Kahnawá:ke. Depuis quelques années, on y offre des visites guidées, de l’artisanat, un pow-wow annuel et, bien sûr, à boire et à manger dans un cadre de verdure le long du Saint-Laurent.

Le saviez-vous ?

Le chef montréalais Chuck Hughes, du restaurant Garde Manger, a voyagé au Québec et en Ontario pour connaître les traditions culinaires des communautés autochtones. Il a fait de ses périples une télésérie intitulée Chuck et la cuisine des Premiers Peuples, qui est diffusée sur APTN, la chaîne canadienne autochtone. Il dit avoir appris de nouvelles techniques de cuisson et avoir gagné le plus grand des respects pour certains ingrédients.

 

Marisela Amador

Marisela Amador est une journaliste qui travaille dans la communauté Kanien'kehá:ka de Kahnawà:ke. Lorsqu'elle ne rapporte pas l'actualité, elle se promène dans sa ville préférée au monde, Montréal. D'origine latino-américaine, elle aime la bonne nourriture et les boissons, l'art, la culture et passer du temps avec ses amis.

Vous ne voulez rien manquer ?

L’infolettre de Tourisme Montréal, c’est toute l’action qui fait vibrer Montréal réunie au même endroit.

Moments à proximité