Les racines anglaises de Montréal

Gillian I Leitch

Dans les armoiries de la Ville, la rose rouge est le symbole de la contribution britannique à l’histoire de la cité. Voici un bref inventaire des bâtiments emblématiques qui témoignent de nos origines britanniques.

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Cathédrale Christ Church

Cette beauté néogothique, classée immeuble patrimonial, se dresse au-dessus des boutiques du réseau piétonnier souterrain (RÉSO). Une visite vous donnera à voir ses superbes arcs, colonnes et piliers, ses boiseries et ses vitraux, et l’un des plus beaux retables (construction verticale sculptée à l’arrière de l’autel) du Canada. Vous pourrez également vous délasser dans son charmant jardin. En 1760, les premières congrégations protestantes montréalaises se réunissent à l’église des Récollets, mais la population croissante et les feux qui détruisent les deux premières églises Christ Church les forcent à changer à plusieurs reprises de lieu de culte jusqu’à son emplacement actuel, rue Sainte-Catherine.

Anecdote : La flèche construite à l’origine pour 3,5 millions de livres a dû être démolie pour des raisons structurales et remplacée par un modèle plus léger. 

Église anglicane Saint-Georges

Du nom du saint patron de l’Angleterre, cet autre joyau néogothique, devenu immeuble patrimonial en 1990, se trouve aux environs de Montréal à sa construction en 1869. Aujourd’hui voisin de la place du Canada, il est entouré des gratte-ciels du centre-ville. Admirez son arc brisé typique du néogothique anglais, ses pinacles et son clocher, son magnifique toit à blochets et ses vitraux spectaculaires.

Anecdote : Son toit à blochets est si vaste que seul celui du Westminster Hall, au parlement anglais, le surpasse en taille. 

Birks

On vend des bijoux d’exception depuis 1894 dans ce bel édifice de style néo-roman du square Philips, au centre-ville. (Fondée rue Saint-Jacques, en 1879, par Henry Birks, la maison s’appelle Henry Birks and Company avant de devenir Henry Birks and Sons.) Vendue en 2018, cette emblématique propriété montréalaise a été transformée en un éblouissant hôtel-boutique. Mais vous pouvez toujours vous rincer l’œil des gros cailloux vendus au Birks, au rez-de-chaussée, puis prendre une table à sa délicieuse brasserie française Henri (et une chambre, si le cœur vous en dit !).

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Statue de la reine Victoria

La statue de bronze de la reine Victoria est une œuvre de sa fille la Princesse Louise commandée par Lord Strathcona. Elle trône devant le Strathcona Music Building, le pavillon de la faculté de musique de l’Université McGill, depuis 1900.

Pavillon Michal et Renata Hornstein, Musée des beaux-arts de Montréal

Le Musée des beaux-arts de Montréal, le plus fréquenté des musées d’art au Canada, est fondé en 1860 en tant qu’Art Association of Montreal. Il devient musée d’art grâce au généreux legs (argent, terrain et œuvres) de Benaiah Gibb Jr, en 1879. Son père, Benaiah Sr, est un tailleur prospère venu d’Angleterre faisant commerce de vêtements sur mesure et de prêt-à-porter. À l’origine nommé en l’honneur de la famille Gibb, le bel édifice de style Beaux-arts de 1912 est aujourd’hui le Pavillon Michal et Renata Hornstein et abrite les collections d’archéologie méditerranéenne, d’art précolombien et de l’Afrique sacrée.

Anecdote : Les quatre colonnes de 26 tonnes de marbre soutenant le portique en façade viennent d’une seule pièce de marbre.

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Colonne Nelson

Installé place Jacques-Cartier, la Colonne Nelson rend hommage à l’amiral Horatio Nelson, un stratège militaire et l’architecte de la suprématie de la flotte britannique. Il est construit en 1809 par un groupe de citoyens montréalais et il est le plus vieux monument de guerre canadien.

Anecdote : La statue de 2,6 m de haut qui domine l’ensemble n’est qu’une copie, mais on peut voir l’original au Centre d’histoire de Montréal.

Dickens à Montréal (L’Usine de Spaghetti)

Quel est le lien entre un géant de la littérature anglaise et un restaurant de spaghettis montréalais ? On raconte que Charles Dickens, faisant une visite éclair à Montréal en mai 1842, aurait pris des notes pour A Tale of Two Cities (Le Conte de deux cités) dans une pièce située à l’arrière de l’édifice où se situe le restaurant.

Anecdote : Dickens a fait sensation à Montréal, se produisant au Théâtre Royal (aujourd’hui Marché Bonsecours) et descendant à l’hôtel Rasco, préservé rue Saint-Paul. Une rue aurait même porté son nom.

Brasserie Molson

Le nom Molson est étroitement lié à Montréal (et il est synonyme de bières froides désaltérantes). En 1786, l’Anglais John Molson ouvre la plus vieille brasserie du Canada sur les rives du fleuve Saint-Laurent (en 2018, la production brassicole déménage néanmoins à Longueuil…). La famille Molson a fait fortune dans la bière, mais aussi dans le commerce du bois, les finances, les bateaux à vapeur et le chemin de fer. Elle a même possédé sa propre banque, la Banque Molson, à l’édifice imposant, dans le Vieux-Montréal.

Anecdote : La brasserie montréalaise est dotée de la fameuse horloge Molson, la plus grande horloge en marche au Québec, fabriquée en 1950.

Gillian Leitch

Gillian Leitch, collaboratrice

Historienne à l’emploi de CDCI Research Inc., Gillian I Leitch se passionne pour l’histoire montréalaise depuis ses études doctorales à l’Université de Montréal. Elle a fait paraître de nombreux articles à propos de l’histoire de Montréal au XIXe siècle, de la recherche généalogique et de Doctor Who. Elle est également historienne et archiviste de la St. Andrew’s Society of Montreal.

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