L’histoire de la Fierté à Montréal

Richard Burnett

Richard « Bugs » Burnett est un auteur, rédacteur, journaliste, blogueur et chroniqueur canadien. Il écrit pour des hebdomadaires indépendants ainsi que des publications grand public et LGBTQ. De plus, Bugs connaît Montréal comme une drag queen connaît les produits de beauté.

Cet article a été mis à jour le 8 juin 2022.

Le défilé originel de la Fierté a eu lieu en 1970 pour souligner le premier anniversaire des émeutes de Stonewall. Le 28 juin de la même année, une marche commémorant la Journée de libération de Christopher Street s’est déroulée à New York, tout comme d’autres défilés de la Fierté à San Francisco, Chicago et Los Angeles. Ces manifestations ont inspiré les activistes LGBTQ+ du monde entier à lancer leurs propres célébrations de la Fierté, comme celle de Montréal dont la première édition a été organisée par la Brigade rose en juin 1979 afin de marquer le 10e anniversaire des soulèvements de Stonewall.

 

Le défilé originel de la Fierté a eu lieu en 1970 pour souligner le premier anniversaire des émeutes de Stonewall. Le 28 juin de la même année, une marche commémorant la Journée de libération de Christopher Street s’est déroulée à New York, tout comme d’autres défilés de la Fierté à San Francisco, Chicago et Los Angeles. Ces manifestations ont inspiré les activistes LGBTQ+ du monde entier à lancer leurs propres célébrations de la Fierté, comme celle de Montréal dont la première édition a été organisée par la Brigade rose en juin 1979 afin de marquer le 10e anniversaire des soulèvements de Stonewall. Ce jour-là, l’organisation avait réussi à rassembler 52 personnes. 40 ans plus tard, en 2019, le défilé de la Fierté comptait 3,4 millions de personnes.

La Fierté n’était pas souvent célébrée à Montréal avant que Puelo Deir et Suzanne Girard organisent Divers/Cité en 1993. La paire a d’ailleurs fortement été inspirée dans sa démarche par la résistance dont a fait preuve la communauté queer en réponse à la violente descente de police qui a eu lieu tard dans la nuit du 15 juillet 1990, lors d’une fête au Sex Garage, à Montréal. Durant cette opération, la communauté LGBTQ+ et les forces de l’ordre se sont affrontées pendant plus de 36 heures. À l’époque, l’homophobie était bien implantée au sein du service de police de Montréal. L’événement du Sex Garage est d’ailleurs aujourd’hui considéré par plusieurs comme le Stonewall montréalais; il a rassemblé anglophones et francophones et politisé une génération d’activistes LGBTQ+ qui ont changé le paysage politique québécois.

Dès sa première édition, Divers/Cité a rassemblé 5000 personnes. Au fur et à mesure que ce petit festival de la Fierté a pris de l’ampleur, le Village a continué de se consolider et Montréal est devenue l’une des plus importantes destinations queers à travers le monde. En fait, si la portion de la rue Sainte‑Catherine qui traverse le Village a été piétonnisée, c’est grâce à une initiative de Divers/Cité, d’ailleurs parachevée au prix d’une chaude lutte. L’organisme n’existe malheureusement plus depuis 2015. Il avait déjà cessé ses activités liées aux célébrations de la Fierté en 2007 pour devenir un festival d’art queer. Cela dit, ça n’a pas été peine perdue; cette même année, Fierté Montréal a vu le jour et pris la relève afin de poursuivre les festivités de la Fierté.

 

 

Aujourd’hui, le défilé de Fierté Montréal est la plus grande célébration queer de la francophonie; le festival soutient également différentes associations LGBTQ+ internationales dans le besoin. En 2019, à l’occasion du 40e anniversaire du premier défilé de la Fierté montréalais, le festival a créé le prix John-Banks afin d’honorer les gens qui ont contribué à l’épanouissement des communautés LGBTQ+ et lutté pour leurs droits. Comme il se doit, le légendaire activiste John Banks en a été le premier lauréat; c’est d’ailleurs lui qui a fondé la Brigade rose et planifié la première marche de la Fierté à Montréal, en 1979.

«L’ampleur qu’a prise la Fierté à Montréal depuis la première marche de 1979, qui a réuni 52 personnes, me rend incroyablement heureux. Je me souviens du moment où Divers/Cité a pris en charge l’organisation de la Fierté, en 1993. Je me suis installé à un coin de rue et j’ai regardé passer les milliers de personnes qui marchaient. Cela m’a tellement bouleversé que je me suis mis à pleurer. Jeune homme, je n’aurais jamais imaginé voir cela à Montréal. C’est pourquoi je suis très fier de ce qu’on a accompli.» Il faut dire que plusieurs décennies plus tard, le défilé de la Fierté demeure une étape cruciale dans le processus de dévoilement de bien des gens.

 

Fierté Montréal a également fait face à de nouveaux défis auxquels l’organisation s’est adapté avec brio. En effet, dans le sillage de Black Lives Matter et du meurtre tragique de George Floyd en mai 2020, le mouvement Reclaim Pride a vu le jour en 2021 et révolutionné le circuit de la Fierté en matière d’inclusivité et de représentation, tandis que les défilés rétro ont retrouvé leur vogue. Fierté Montréal s’est montré à l’écoute de ces revendications et de ces tendances en organisant son populaire défilé rétro de la Fierté, lequel attire désormais une nouvelle génération de jeunes personnes LGBTQ+.

Fierté Montréal poursuivra sur sa lancée en 2022; fort d’un budget de 125 000 $, le festival financera 36 projets estivaux mis sur pied par des organismes communautaires LGBTQ+, lesquels œuvrent notamment à Montréal, Val-D’Or, Saint-Hyacinthe, Chicoutimi, Magog et Sherbrooke. Ainsi, Fierté Montréal s’avère plus qu’un simple festival, il accomplit une mission sociale d’une grande importance.

 

 

L’édition 2022 marquera aussi le retour attendu de ses journées communautaires, le 5 et 6 août. Durant celles-ci, de 11 h à 18 h, de nombreux organismes, groupes et équipes sportives qui œuvrent pour les communautés LGBTQ+ tiendront des kiosques sur la portion piétonne de la rue Sainte-Catherine, entre la rue Saint-Hubert et l’avenue Papineau. Quant à lui, le défilé aura lieu le 7 août.

Fierté Montréal 2022 durera également plus longtemps cette année; ses événements se dérouleront du 1er au 7 août, donc en même temps que la 24e Conférence internationale sur le sida, laquelle aura lieu à Montréal du 29 juillet au 2 août.

Durant cette conférence, Fierté Montréal présentera trois événements: Rapture, un spectacle de danse contemporaine du chorégraphe Dave Saint-Pierre rendant hommage aux millions de personnes qui sont mortes du sida (du 27 juillet au 6 août), Art, activisme et résilience, une exposition qui aborde les sujets du VIH, du sida et de la santé sexuelle (du 12 juin au 1er septembre), puis INVERSE/L’AVENIR EST SOUVENT UN PAS EN ARRIÈRE, une exposition documentaire expérimentale qui dresse un portrait multigénérationnel des communautés queers (du 30 juin au 28 août, au centre PHI). Cette dernière est l’œuvre de Nicholas Jenkins, l’artiste de renom qui a organisé la célèbre fête tenue au Sex Garage en juillet 1990. Il s’agit d’une coïncidence remarquable et tout indiquée parce que la résistance queer qui a eu lieu dans ce loft il y a tant d’années continue à ce jour d’inspirer le mouvement de la Fierté à Montréal.

 

Richard Burnett

Richard « Bugs » Burnett est un auteur, rédacteur, journaliste, blogueur et chroniqueur canadien. Il écrit pour des hebdomadaires indépendants ainsi que des publications grand public et LGBTQ. De plus, Bugs connaît Montréal comme une drag queen connaît les produits de beauté.

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