La spiritualité autochtone à Montréal et ses alentours

Daniel J. Rowe

Le gardien de la foi de la Mohawk Trail Longhouse, Ka’nahsóhon Kevin Deer, de Kahnawà:ke, croit que pour comprendre la spiritualité autochtone, il faut d’abord comprendre les Premières Nations de la région.

« Je pars toujours de la tortue serpentine, explique-t-il. Elle représente l’île de la Tortue (Amérique du Nord). Elle est aussi à la base de notre récit de la création. Lorsque nous chantons notre grande chanson de reconnaissance, que nous faisons la grande danse aux plumes, c’est pour honorer le Grand Esprit. Tous nos enseignements en découlent. »

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Les histoires de la création

Tiohtá:ke (le nom kanien’kéha de Montréal) et sa région environnante comprennent une gamme de sites spirituels et religieux. Les peuples autochtones de la région – les Anichinabés, les Kanien’kehá:ka (Mohawks), les Innus et les autres – continuent de chérir les enseignements traditionnels.

« Dans notre récit de la création, nous parlons de la Terre comme de notre mère parce qu’elle l’est, explique Ka’nahsóhon Kevin Deer. Nous sommes tous et toutes les enfants de cette Terre, et nous avons la responsabilité de l’aimer et d’entrer en communion avec le monde naturel autant que possible. »

Le calendrier cérémoniel

Le calendrier cérémoniel haudenosaunee débute avec une cérémonie hivernale, après le solstice d’hiver, et se poursuit jusqu’à la cérémonie des récoltes, à l’automne. Les Kanien’kehá:ka forment l’une des six nations de la confédération haudenosaunee (parfois connue sous son nom européen «iroquois»). Les cinq autres sont les Onneiouts, les Onondagas, les Cayugas, les Tuscaroras et les Sénécas.

Chaque cérémonie est unique, mais quelques éléments se répètent d’une à l’autre. « Le mot d’ordre, c’est la danse, explique le gardien de la foi. Nous présentons les chansons, danses, discours et rituels sacrés afin que le cycle sacré de la vie continue de jouer pleinement son rôle, de remplir ses tâches et ses responsabilités. C’est ce qui fait que nous, humains, possédons la vie. »

Le circuit des pow-wow

Les pow-wow sont des moments parfaits pour découvrir les musiques et danses autochtones traditionnelles. 

Le pow-wow de Kahnawá:ke, Echoes Of A Proud Nation, est le plus important de la région et se déroule les 13 et 14 juillet 2019. Le Kanehsatake Annual Pow Wow se tient en août, puis le Akwesasne PowWow a lieu du 7 au 9 septembre.

Les pow-wow sont aussi l’occasion de découvrir des pièces de « perlage », des accoutrements et autres œuvres d’artistes et d’artisans, ainsi que de goûter à la gastronomie autochtone.

Toutes les Nations sont invitées à danser et à chanter lors des pow-wow. Et bien que chaque nation soit unique, certains éléments les lient d’une cérémonie à l’autre. « Les percussions sont un outil universel parce qu’elles nous ramènent aux premiers battements de cœur que nous avons tous entendus. Les percussions sont rondes : elles rappellent l’interconnexion et la toile de la vie », raconte Ka’nahsóhon Kevin Deer.

Visite de sites culturels et spirituels

Les visites dans les maisons longues spirituelles de Kahnawà:ke doivent être planifiées à l’avance et ne sont pas ouvertes au grand public.

Le Kanien’kehá:ka Onkwawén:na Raotitióhkwa Language and Cultural Center (ou KOR, pour les membres de la communauté) loge un musée petit mais éclairant, et propose des visites guidées sur demande.  

Le Centre d’interprétation du site archéologique Droulers-Tsiionhiakwatha, à Saint-Anicet (à environ une heure à l’ouest de Montréal), comprend une réplique d’une maison longue traditionnelle habitable. Il est possible de visiter le village aux côtés d’un guide. 

Des sites archéologiques continuent d’être déterrés partout au Québec. C’est le cas au Parc national des Îles-de-Boucherville, où on propose la réplique d’un campement autochtone.

Le Jardin des Premières-Nations du Jardin botanique de Montréal est un jardin moderne qui s’inspire des cultures autochtones et s’aligne avec le message de Ka’nahsóhon Kevin Deer à propos de la spiritualité de sa nation. « Il suffit d’être en communion, ce qui implique de ne faire qu’un avec la nature, parce que notre mère, même si plusieurs ne la respectent pas, nous accorde son amour inconditionnel, en tout temps. Nous avons recours à tout ce dont nous avons besoin au jour le jour : eau, animaux, plantes, oiseaux », souligne-t-il.

Daniel J. Rowe

Daniel J. Rowe, journaliste

De sa côte ouest natale, Daniel J. Rowe a atterri à Montréal après un intermède au Japon. Il s’est notamment distingué par son travail de journaliste et de photographe dans la communauté Kanien’kehá:ka (mohawk) de Kahnawà:ke, au Québec. Fou de culture et maniaque de sport dans le pire sens du terme, c’est aussi un amateur d’alcool et une fine fourchette qui ne dédaigne toutefois pas de manger un hot dog lorsque la tentation se fait trop forte. Roulant à tombeau ouvert sur son vélo, il se fera un devoir de vous reprendre si vous utilisez incorrectement un terme.

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