Rita Baga, concurrente de Canada’s Drag Race

Richard Burnett

Richard « Bugs » Burnett est un auteur, rédacteur, journaliste, blogueur et chroniqueur canadien. Il écrit pour des hebdomadaires indépendants ainsi que des publications grand public et LGBTQ. De plus, Bugs connaît Montréal comme une drag queen connaît les produits de beauté.

La légendaire drag-queen de Montréal Rita Baga fait partie des 12 concurrentes de la nouvelle série de RuPaul, Canada’s Drag Race (tout comme une autre drag-queen montréalaise, Kiara). Les participantes tenteront de devenir la toute première Drag Superstar du Canada (et de mettre la main sur le grand prix de 100 000 $).

Les juges de cette version canadienne sont Brooke Lynn Hytes (finaliste de la 11e saison de RuPaul’s Drag Race), l’acteur Jeffrey Bowyer-Chapman et la mannequin Stacey McKenzie. Parmi les juges invités, notons la présence de Michelle Visage, Deborah Cox et Mary Walsh.

Rita Baga (ou Jean-François Guevremont de son vrai nom), aussi directeur de la programmation de Fierté Montréal, est également apparu dans la téléréalité Ils de jour, elles de nuit et tient régulièrement la tête d’affiche de la très populaire boîte de drag Cabaret Mado (d’une autre légende, Mado Lamotte), à Montréal.

Nous avons discuté candidement avec Rita Baga en prévision du lancement de la saison de Canada’s Drag Race.

Qu’est-ce qui te séduit dans l’univers de la drag ?

Ça mélange différentes disciplines artistiques que j’aime : le maquillage, la mode, la danse. J’adore être sur scène et montrer qui je suis.  

Qui est la première drag-queen que tu as vue en spectacle ?

Miss Butterfly, au bar Sky de Montréal, quand j’avais 15 ans !

Comment as-tu commencé dans le milieu ?

C’était pour l’anniversaire de [mon amie] Dream, en 2007. J’ai fait un numéro surprise avec Marla Deer et Celinda. J’ai eu la piqûre.

D’où vient le nom Rita Baga ?

Quand j’ai débuté, mon nom était Rita D’Marde ! Un an plus tard, quand j’ai commencé à travailler plus souvent au Cabaret Mado, Mado m’a dit : « Tu dois changer ton nom. Je ne peux pas mettre “marde” sur mes affiches !» À l’époque, Madame Simone m’appelait Rita Baga. J’aimais le jeu de mots alors j’ai adopté le nom.

Qui sont tes idoles du drag ?

Mado est ma mentore. Lorsque j’étais jeune, RuPaul est la première drag-queen que j’ai vue à la télé.

Qu’est-ce que ta famille pense de ta carrière ?

Mon père est mon plus grand fan ! Il assiste à plusieurs de mes spectacles. Ma mère n’a pas honte, mais elle est plus timide. Avant de venir me voir, elle associait mon travail à la vie nocturne. Aujourd’hui, elle est à l’aise et fière de mes succès.

Tu as été sur scène à Montréal avec plusieurs superstars de RuPaul’s Drag Race. Qu’as-tu appris d’elles ?

Que je devrais demander plus d’argent ! Au final, nous faisons tous le même travail. Nous avons tous commencé dans les bars, mais je réalise que quelques personnes se prennent pour des superstars. La célébrité monte à la tête de certaines.

Montréal a une scène drag vivante. Comment la qualifierais-tu ?

Elle est éclectique. Il y a plusieurs styles de drag à Montréal. Le reste du Canada associe souvent Montréal à un style plus bouffon-kitsch (campy), peut-être à cause de Mado. Montréal est une ville ouverte et l’image générale qu’on se fait du drag change.

Tu es directeur de la programmation de Fierté Montréal, lors de laquelle tous les genres d’artistes drag sont célébrés.

J’en suis très fier ! Depuis que je suis directeur, la popularité du drag a explosé, surtout grâce à RuPaul’s Drag Race. Notre spectacle annuel qui rassemble des superstars de l’émission est toujours notre plus populaire.

Comment as-tu gagné ta place à Canada’s Drag Race ?

J’ai envoyé ma candidature pour RuPaul’s Drag Race il y a trois ans. On m’a rappelé, mais ça n’a pas fonctionné. J’ai retenté ma chance il y a deux ans. L’an dernier, on m’a demandé si j’allais le faire à nouveau. Je l’ai fait, mais le téléphone n’a pas sonné. L’été dernier, ils ont annoncé la création de Canada’s Drag Race. Quand j’ai su que j’étais choisi, j’avais envie de crier! Mais je devais garder la bonne nouvelle pour moi. 

C’est un vieux rêve ?

Oui, et je pensais qu’il ne se réaliserait jamais.

Que peux-tu nous dire de ton expérience ?

J’ai eu beaucoup de plaisir à enregistrer l’émission. Le public va reconnaître les différents défis. C’est quand même bizarre : regarder l’émission à la télé et y participer sont deux choses très différentes!

Comment composes-tu avec l’attention médiatique ?

L’attention se manifeste beaucoup en ligne de nos jours. J’essaie de limiter mon utilisation des réseaux sociaux. C’est quand même étrange quand une personne te fixe dans la rue ou te reconnaît à l’épicerie ! Je suis plutôt tranquille quand je ne suis pas Rita, mais je vais devoir m’y faire.

Bonne chance, Rita !

Merci !

Canada’s Drag Race sera lancée sur Crave le 2 juillet. L’émission sera aussi présentée au Royaume-Uni sur BBC Three à partir du 3 juillet et sera disponible aux États-Unis et ailleurs sur WOW Presents Plus.

Richard Burnett

Richard « Bugs » Burnett est un auteur, rédacteur, journaliste, blogueur et chroniqueur canadien. Il écrit pour des hebdomadaires indépendants ainsi que des publications grand public et LGBTQ. De plus, Bugs connaît Montréal comme une drag queen connaît les produits de beauté.

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