Ce printemps, découvrez la culture autochtone à Montréal

Daniel J. Rowe

Les peuples qui ont foulé le sol montréalais des milliers d’années avant l’arrivée des colons européens sont à l’honneur dans les institutions culturelles montréalaises ce printemps. L’art et la culture des Premières Nations rayonnent en ce moment à Tiohtiá:ke, Montréal pour les Kanien’kehá:ka (Mohawks), ou à Mooniyaang, pour les Anichinabés.

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Des expositions passionnantes

De grands artistes autochtones contemporains de l’île de la Tortue — l’Amérique du Nord, pour certaines Premières Nations — sont à l’affiche, ce printemps, au Musée McCord.

L’exposition Honte et préjugés : une histoire de résilience, de Kent Monkman, est à ne pas manquer. Elle revisite à sa manière l’histoire du Canada à travers le regard de l’alter ego spirituel transgenre de l’artiste cri, Miss Chief Eagle Testickle. C’est le récit poignant, tragique, viscéral et parfois ironique de 150 ans d’histoire canadienne mettant en évidence les effets dévastateurs du colonialisme sur le développement des peuples autochtones. À voir au Musée McCord jusqu’au 5 mai.

Le 26 avril, le Musée McCord inaugurera SDING K'AWXANGS — Haïda : Histoires surnaturelles, une exposition que présentera une collection d’artefacts haïdas rares du Nord-ouest canadien ainsi que les œuvres de neuf artistes haïdas contemporains. Au rez-de-chaussée du Musée McCord, Porter son identité — La collection Premiers Peuples est une exposition permanente qui explore l’histoire riche et complexe du vêtement des Premières Nations, grâce, entre autres, à des présentations interactives et éducatives de designers autochtones contemporains.

Un étage au-dessus de l’exposition consacrée à Monkman, ce sont les œuvres de l’artiste kanien’kehá:ka (mohawk) Hannah Claus qui sont présentées dans l’exposition c’est pas pour rien qu’on s’est rencontré. Parfait contrepoint à celles du premier, étant donné leur délicatesse et leur légèreté, elles racontent une autre histoire, mais d’une égale importance.

Art autochtone dans le Vieux-Montréal

Une autre œuvre de Hannah Claus fait partie de l’exposition Forgotten or Missing: Akonessen, Zitya, Tina Marie and the Others, à l’Espace Culturel Ashukan, dans le Vieux-Montréal, aux côtés de celles de sept autres artistes autochtones québécois. Il s’agit d’un hommage aux femmes et aux filles autochtones assassinées ou disparues. La galerie est un organisme autochtone aux pratiques de vente équitables.

Art public

Rue Sherbrooke, en face du Musée des beaux-arts de Montréal, se dresse le magnifique et monumental totem de l’artiste kwakiutl Charles Joseph, érigé en 2017.

Cet automne, l’artiste algonquine Nadia Myre transformera l’îlot de l’entrée de ville par l’autoroute Bonaventure avec une série de sculptures intitulée Dans l’attente...| While Waiting.

Pour vous familiariser avec le travail de Nadia Myre, faites un tour à la galerie d’art contemporain Art Mûr, où elle est exposée avec d’autres artistes canadiens de la relève très prometteurs.

En balade en ville, levez les yeux vers les façades des édifices : quelques murales rendent hommage aux premiers habitants de Montréal. À l’intersection des avenues Atwater et Lincoln, par exemple, c’est la célèbre documentariste abénaquise Alanis Obomsawin qui est à l’honneur dans une œuvre de l’artiste atikamekw Meky Ottawa.

Au fil des pages

Le Festival littéraire international Metropolis Bleu célèbre en 2019 l’Année internationale des langues autochtones de l’UNESCO en conviant à sa nouvelle édition des auteurs des Premières Nations ainsi que des artistes australiens, latino-américains et de l’île de la Tortue (nord-américains).

Au nombre des événements de cette série, mentionnons l’interview Do you speak indigenous? (le 4 mai, à 18 h) et la table ronde Racism : a White Person’s Problem? (le 5 mai, à 12 h 30), outre le Prix littéraire des Premiers Peuples Metropolis Bleu, qui sera remis à Terese Marie Mailhot, de Seabird Island (Colombie-Britannique), pour son livre Heart Berries. Voyez le programme complet des activités sur le site de l’événement. 

Daniel J. Rowe

Daniel J. Rowe, journaliste

De sa côte ouest natale, Daniel J. Rowe a atterri à Montréal après un intermède au Japon. Il s’est notamment distingué par son travail de journaliste et de photographe dans la communauté Kanien’kehá:ka (mohawk) de Kahnawà’ke, au Québec. Fou de culture et maniaque de sport dans le pire sens du terme, c’est aussi un amateur d’alcool et une fine fourchette qui ne dédaigne toutefois pas de manger un hot dog lorsque la tentation se fait trop forte. Roulant à tombeau ouvert sur son vélo, il se fera un devoir de vous reprendre si vous utilisez incorrectement un terme.

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