Présence autochtone : une célébration des Premières Nations

Jesse B. Staniforth
 

Chaque année, le festival Présence autochtone propose une vaste programmation qu’il est difficile de présenter dans le détail. L’édition de 2018 ne faisant pas exception, nous vous faisons ici quelques suggestions de performances et d’activités regroupées par thème, qui ne sont, bien sûr, qu’une parcelle de tout ce que l’événement montréalais a à offrir.

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Artistes et artisans

Il n’est pas aisé de fournir une vitrine à l’art et à l’artisanat autochtones canadiens étant donné la diversité des Nations et des communautés autochtones au pays. Le festival montréalais réussit néanmoins à remplir sa mission en conviant un petit nombre d’artistes et d’artisans issus de certaines Nations et communautés pour son volet Les artisans, dont le travail sera présenté place des Festivals, en territoire kanien’kehàka (mohawk). Cette année, il s’agit de Sedalia Fazio et de Rita Jacobs Fazio, toutes deux de Kahnawake, spécialistes du perlage traditionnel, et du photographe Martin Akwiranoron Loft, également de Kahnawake. Par ailleurs, l’Espace Naskapis familiarisera les festivaliers à la culture et à l’identité du peuple naskapi du Nord-est québécois. Plusieurs sens seront stimulés : la vue, avec la peinture ; l’ouïe, avec le conte ; et le goût, avec une dégustation de thé du Labrador. Enfin, le peintre et artiste multidisciplinaire micmac Alan Syliboy sera aussi de la programmation. S’inspirant d’œuvres traditionnelles, il crée des images contemporaines uniques et colorées qui rendent hommage au présent d’une culture qui a reçu en héritage des milliers d’années d’histoire créative. D’autres artistes seront exposés dans le cadre du festival, dont Shelley Niro, une photographe mohawk membre de la Réserve des Six Nations et du clan de la Tortue (place des Festivals). Son travail — des autoportraits critiques la mettant en scène aux côtés des femmes de sa famille dans des postures contemporaines interrogeant les stéréotypes de l’indigénéité — a souvent été comparé à celui de Cindy Sherman. Nico Williams, artiste anishinaabe ojibwé présentera ses impressionnantes sculptures de perles, tels des kaléidoscopes colorés (à l’Espace culturel Ashukan ; 431, place Jacques-Cartier) et Sonny Assu, Ligwilda’xw des nations kwakwaka’wakw, montrera ses peintures saisissantes superposant imagerie actuelle et toiles traditionnelles. Le pouvoir d’évocation de ces artistes est immense, et pourtant ils ne représentent qu’une fraction de la vision créative qui a cours dans le territoire canadien.

Cinéma du monde entier

Présence autochtone ne consacre pas uniquement sa programmation à la réalité canadienne. Dans son volet Cinéma, le festival s’intéresse également aux communautés autochtones du monde entier. Par exemple, le documentaire Joey and The Leitis relate les rapports conflictuels qui existent entre les Leitis (transgenres) autochtones de Tonga et les évangélistes, dont le nombre ne cesse de croître dans l’archipel (le 12 août, à 18 h 30, au cinéma Concordia De Sève). Dans Wiñaypacha, un long métrage péruvien, un couple de personnes âgées aux prises avec les conditions de vie extrêmes qu’impose leur territoire, les Andes, prient pour le retour de leur fils unique (le 10 août, à 18 h 30, Concordia Alumni Auditorium, Hall Building). Deux documentaires américains, Mankiller (le 11 août, à 20 h 30, au cinéma Concordia De Sève) et On a Knife Edge (le 8 août, à 18 h 30, Concordia Alumni Auditorium, Hall Building), abordent la question du militantisme amérindien, en relatant l’élection du chef Wilma Mankiller, première femme à la tête de la nation cherokee et leader hors du commun, et les dures réalités du combat pour la justice sociale de George Dull Knife, de la réserve lakota Pine Ridge, dans l’American Indian Movement.

DJ et musiciens

Pour ceux qui aiment danser, Présence autochtone a aussi prévu le coup : DJ PØPTRT, la première DJ issue de Kahnawake, a préparé une sélection de titres house et nu disco pour son set à la Cinémathèque québécoise du 7 août, à 22 h. Si vous préférez une ambiance plus intime, ne manquez pas les prestations de l’auteur-compositeur-interprète cowichan de la nation Carrier Aidan Thorne (les 8 et 9 août, plusieurs performances), qui pourrait bien vous rappeler l’intensité contrôlée de Bonnie « Prince » Billy, de Bill Callahan ou de l’Angel Olsen des débuts. Pour une ambiance à mi-chemin entre ces deux styles musicaux, assistez au concert des Jerry Cans, un groupe d’Iqaluit qui chante en inuktitut, dont la musique mêlant chants de gorge traditionnels, accordéon et violon du stepdance et folk côtier contemporain des Pogues ou de Great Big Sea a charmé de nombreuses audiences et est tout simplement trop mamuqtuk (« délicieuse ») pour être ignorée (le 9 août à 21 h, place des Festivals) !

Jesse Staniforth, blogueur

Jesse Staniforth est un journaliste indépendant de Montréal qui se spécialise dans des sujets qui touchent les questions autochtones et la cybersécurité. Il rédige également des chroniques « art de vivre ». Depuis 2011, il écrit régulièrement pour le magazine Nation destiné à la Nation crie d’Eeyou Istchee (sur la côte est de la baie James), depuis 2011.

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