Le Montréal design vu par Harry Drakopoulos

Harry Drakopoulos est synonyme de Off The Hook, à plus d’un titre. Principalement parce que c’est le nom de ses magasins : copropriétaire des deux magasins OTH en ville, il s’occupe des opérations, du marketing, de la gestion et de l’expansion. Montréalais depuis toujours et fier de l’être, il l’exprime quotidiennement dans ses magasins en vendant de nombreuses marques montréalaises, tout particulièrement à la nouvelle succursale de l’hôtel William Grey, où on l’on veut faire connaître le design local auprès d’une clientèle internationale. Ces jours-ci, Off The Hook est sur le point de lancer sa toute première collection OTH, une gamme de vêtements de base pour hommes qui pourrait être accessible en mars 2018. Nous nous sommes entretenus avec Harry pour avoir un aperçu de la scène du design à Montréal à travers son regard.

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Comment Montréal influence-t-elle votre travail et votre expression créatrice?

Montréal est encore une ville abordable, vous pouvez encore réaliser des choses. Quand j’ai commencé, j’avais 23 ans. Je ne pense pas que j’aurais pu faire ça à Toronto sans investissement. C’était très abordable à l’époque, et même si ça le devient un peu moins aujourd’hui, il est toujours possible de réaliser tellement de choses. Vous avez juste à créer un bon produit pour que les gens l’adoptent.

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Pourquoi est-ce important pour vous de soutenir le design local?

Pour nous, soutenir le design local c’est assurer la continuité dans notre domaine. Le magasin original Off The Hook de la rue Sainte-Catherine est devenu une institution ces 18 dernières années et, depuis le début, nous avons toujours été un carrefour culturel à Montréal. Nous faisons beaucoup d’expositions d’art, des lancements musicaux et vidéo, nous encourageons les jeunes talents d’ici qui sortent de l’école et n’ont pas nécessairement le financement pour faire ce qu’ils voudraient. Nous avons réalisé ces dernières années que nous faisons bien, nous avons une plateforme, nous avons un public, nous avons le savoir-faire et quand les créateurs sortent de l’école, ont du talent et correspondent à notre ADN, nous les approchons et leur demandons : « Hé, qu’est-ce que vous voulez faire? » Si les magasins et les restaurants n’offrent pas ces tremplins aux gens d’ici, la ville deviendra un désert culturel.

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Quelle est l’institution qui selon vous représente le mieux le Montréal design?

Le Musée des beaux-arts de Montréal. Au cours des dernières années, ils ont vraiment pris de l’expansion avec le nouveau pavillon. Il se passe quelque chose d’extraordinaire, et je sens que la ville fait des choses sympas sur la rue Sherbrooke, avec les drapeaux soulignant le 375e anniversaire et les installations permanentes, sans parler de McTavish — je pense que ce secteur va devenir une référence pour les aménagements à venir ailleurs dans la ville.

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Un endroit de la ville que vous trouvez particulièrement inspirant ?

Chaque fois que je me sens en panne d’inspiration, cela peut faire cliché, mais je vais faire une promenade jusqu’au sommet du mont Royal et je regarde la ville la nuit. Quand je suis là-haut, j’ai l’impression de remettre les choses en perspective et de recharger les batteries. La tour CIBC, la Place Ville Marie, la rue De La Gauchetière... J’adore regarder en bas la rue Peel et suivre son tracé qui va droit au fleuve. J’aime être là à l’aube; vous avez l’impression d’être sur le toit du monde.

De quelle façon diriez-vous que votre style est typiquement montréalais?

Je suis un Montréalais typique en ce sens que j’ai toujours un foulard et des mitaines. Et des chaussures à l’épreuve de l’eau, antidérapantes, juste au cas où il commencerait à neiger en plein milieu du mois de mai! Vous partez le matin, il fait 9 degrés, pendant la journée ça monte à 32 et la nuit il grêle.

Quel est votre quartier préféré?

 

Villeray. J’aime marcher et ce qui est amusant, c’est que nous avons déménagé dans ce quartier quand ma femme est tombée enceinte, et c’est comme si là-bas tout le monde était enceinte ou promenait deux enfants dans une poussette.

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Où allez-vous à Montréal pour un café?

Je vais à l’Olimpico parce que j’aime la torréfaction italienne classique, et je vais au café Larue parce que c’est à côté de chez moi et le café est super constant et excellent.

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Pour dîner?

Au Serpent, sans hésiter.

Pour prendre un verre?

 

Au bar Atwater Cocktail Club ou au  Philémon.

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Quand vous avez envie de magasiner?

À part mon magasin, pour ma femme, je vais chez Betina Lou, parce que je trouve que ce qu’elle fait est étonnant et que son magasin est magnifique, et WANT Les Essentiels.

Pour passer le temps?

J’adore marcher sur Saint-Laurent, Saint-Hubert, Saint-Denis et dans le parc Jarry.

Parlez-nous d’un coin secret que vous allez regretter d’avoir partagé avec nous.

Il y a deux endroits. Tout d’abord, un gyros grec typique qui est aussi bon qu’en Grèce : il s’appelle Elatos, sur Jarry dans Parc-Extension. Mais quand ils sont occupés, à 18 h, ils commencent à s’épuiser, alors il faut y aller tôt! Autrement, il y a Décarie Hot Dog, un super bouiboui. J’y vais depuis que j’ai un permis.

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Vous avez un ami obsédé par le design qui vient à Montréal, où l’envoyez-vous?

Griffintown et Saint-Henri. Allez voir les magasins et les petits restaurants, comme Le Barley, le bar à céréales qui vient d’ouvrir. Un beau design, une bonne ambiance! Adamo, Campanelli, LoïcTuck ShopArthursVin PapillonBird BarFoiegwa, les bars cachés... mon dieu, il y a tant de choses à voir.

Ce billet a été présenté en collaboration avec Souk@SAT, fervent défenseur du design montréalais.

 

Isa Tousignant

Isa Tousignant, blogueuse

Isa Tousignant est une journaliste art et style de vie résidant dans le quartier multiculturel Parc Extension de Montréal. Elle est collaboratrice à la rédaction du magazine Canadian Art et écrit à la pige pour une variété de revues et de marques. Elle crée également des bijoux et se passionne pour le costume animalier et son rôle dans l’art contemporain.