Le Montréal design vu par Tamy Emma Pepin

Laure Juilliard

Tamy Emma Pepin est née à Montréal et a grandi à Notre-Dame-de-Grâce. Créatrice de contenu, animatrice d’émissions de voyage, réalisatrice, touche-à-tout et très curieuse, elle cumule plusieurs casquettes avec brio. Et rien ne l’arrête. À la suite d’un voyage au Maroc, le pays d’origine de sa mère, elle développe un intérêt pour l’artisanat berbère et ses tapis. En 2016, elle crée Un peu plus loin, un studio de création de contenu multi plateformes doublé d’une boutique en ligne dans laquelle elle propose des objets soigneusement sélectionnés et fabriqués au Maroc. Jamais à court d’idées, Tamy voit déjà son projet s’étendre à d’autres villes du monde. « Le rêve que je suis en train de concrétiser consiste à ouvrir d’autres espaces multifonctionnels Un peu plus loin dans lesquels on offrirait des expériences au croisement de plusieurs de mes passions telles que la culture, le design, la mise en récit et le voyage. » Une affaire à suivre de près.

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Comment définiriez-vous l’ambiance de Montréal?

L’ambiance de Montréal vient de sa diversité. C’est une ville plurielle qui mixe les points de vue, les communautés et les expériences culturelles tout en étant très accueillante et conviviale. Comparée à d’autres grandes métropoles, je trouve qu’elle ne durcit pas les gens. C’est aussi une ville à taille humaine dont l’énergie est définie par ses habitants et ses différentes vies de quartiers.

Comment voyez-vous le style du design montréalais?

Diversifié et éclectique. Le meilleur côtoie le pire, mais il y a une vraie liberté de création. Chacun crée sa vision du design, sa signature.

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Quel est le lieu, l’institution ou la construction qui évoque le plus votre vision du Montréal design?

Je vais rarement au centre-ville, mais quand c’est le cas, je passe souvent devant l’hôtel Montréal Marriott Château Champlain, à côté du Centre Bell. Cet édifice me rend heureuse et ses fenêtres en forme de demi-lune me font rire. Il est unique, il ne ressemble à aucun autre et il a sa propre personnalité. C’est le Montréal ludique que j’aime et c’est un bel exemple du modernisme. Il a été construit à l’origine par l’architecte Roger D’Astous, élève de Frank Lloyd Wright, pour l’événement de l’Expo 67. Il aurait pu rester aux États-Unis, mais il a choisi de revenir au Québec et il a énormément donné à Montréal! Je trouve dommage que son travail ne soit pas plus connu, mais pour ceux que ça intéresse, il y a plein d’illustrations de lui à voir au Centre canadien d’architecture.

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Quelle est la création montréalaise que vous trouvez vraiment inspirante?

J’aime Lambert & Fils pour la qualité et l’esthétique de leurs luminaires, ainsi que l’élégance et la délicatesse des chapeaux de Camille Côté. Je recommande aussi le Never Apart, une institution importante à Montréal, pour ses textures et ses sons.

Pourquoi est-ce important pour vous de soutenir le design local?

C’est bien sûr une histoire de conviction et de valeur, mais c’est également parce qu’il se fait des choses d’une très grande qualité à Montréal, qui n’ont rien à envier aux autres villes du monde. C’est important de soutenir la création locale si on veut s’assurer qu’il y ait une relève dans le design. Et il est évident que pour permettre aux créatifs de vivre de leur passion et de s’épanouir, il faut un marché.

En quoi diriez-vous que votre style est typiquement montréalais?

Je ne pense pas qu’il le soit. Il n’y a pas un type de style à Montréal. Je dirais plutôt que c’est une réflexion de mon état d’esprit. En ce moment, je me sens plus calme, j’ai besoin de moins d’artifice, moins de distraction, moins de bruit, moins de réseaux sociaux, comme un retour à l’essentiel. Ça se reflète à travers ce que je porte. Je vais davantage vers un style plus épuré et des matériaux de qualité, des vêtements plus durables que je vais garder. Je fais aussi plus attention à « l’architecture » du vêtement et à sa forme.

Comment Montréal inspire-t-elle votre travail et votre expression créatrice?

L’âme de Montréal pour moi, ce sont les gens. J’aime être entourée de gens libres dans leurs créations. J’ai la chance d’être entourée d’esprits créatifs et entrepreneurs qui ont une ambition à la hauteur de leur talent. Ils m’inspirent et me poussent dans ma créativité. C’est une des raisons pour lesquelles je reviens toujours à Montréal. Le changement des saisons est également important dans mon processus de création. Elles marquent le temps qui passe. Par exemple l’hiver, j’écris, je lis et je dessine beaucoup. L’été, j’exprime ma créativité d’une façon qui est beaucoup plus tournée vers l’extérieur, je sors, je vais écouter des concerts, je vois plein de couleurs et de textures, je parle à tout un tas de gens, bref, je m’imbibe de toute cette énergie.

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Où peut-on vous trouver à Montréal pour prendre un café?

 

Au Larry’s, que je considère un peu comme mon bureau même si je suis souvent là pour l’apéro. C’est un lieu parfait pour prendre une bouchée, travailler ou pour un rendez-vous.

Pour souper?

Je soupe régulièrement au restaurant et je change souvent. Cette semaine par exemple, je suis allée au Bloomfield sur Van Horne qui propose des vins bios et une très belle sélection à la carte. Dans mon quartier, j’aime aller au Via Dante, mon resto italien préféré.

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Pour boire un verre?

Ça dépend de mon humeur. Je vais régulièrement au bar Femme Fontaine sur Saint-Laurent et au Henrietta sur Laurier parce que leurs drinks sont constants et toujours parfaits. Il y a aussi Le Magdalena à Saint-Henri pour la qualité de leurs cocktails, leur carte des vins et leurs bouchées végétariennes délicieuses.

Pour magasiner?

J’achète généralement beaucoup en ligne, mais j’adore aller chez Cahier d’Exercices et au deuxième étage de la Maison Simons. Pour ce qui est local, Oneself clothes est mon plus récent coup de cœur.

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Pour flâner?

C’est ma spécialité. L’été, j’adore flâner au hasard dans les ruelles de Rosemont–La Petite-Patrie, mon quartier. J’habite à côté du marché Jean-Talon et j’aime particulièrement y aller en semaine quand c’est moins occupé. Quand je marche, j’ai beaucoup d’idées qui me viennent en tête, tout se connecte.

Quel est votre quartier préféré?

J’adore La Petite-Patrie qui est à deux pas de la Petite Italie et ses vieux messieurs Italiens assis sur leur banc. Je passe souvent par le parc de la Petite Italie, qui est plutôt mal aimé, et la rue Saint-Hubert, qui est ma rue préférée à Montréal. J’adore les vitrines de la Plaza Saint-Hubert, elles me font tellement rire!

Quel est votre endroit secret favori? Celui que vous gardez pour les intimes, mais que vous acceptez quand même de partager avec nous?

Le quartier Parc-Extension et plus particulièrement le restaurant grec Portara. C’est chouette d’y aller l’été pour la terrasse, et le samedi, il y a des DJ qui jouent des chansons typiques qui doivent certainement passer dans les clubs en Grèce. Ça m’amuse tellement. J’adore la génération d’immigrants qui est arrivée dans ce quartier, je trouve que c’est un mélange culturel hyper riche. Il y a encore plein de secrets bien gardés dans Parc-Ex, mais ça risque de changer avec la construction de l’université juste à côté. C’est le moment d’y aller et de se perdre dans les rues avant que la nature du quartier change complètement.

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Un de vos amis passionné de design vient à Montréal. Où l’envoyez-vous?

Pour magasiner, je l’envoie aux Étoffes sur Saint-Laurent, et à L’Espace Pépin Maison pour le design d’intérieur. Habitat 67 aussi, évidemment. Et s’il est intéressé par l’architecture et par les développements qui se passent actuellement à Montréal, je l’envoie se balader dans le Mile-Ex.

Ce billet a été présenté en collaboration avec Souk@SAT, fervent défenseur du design montréalais.

Laure Juillard

Laure Juilliard, blogueuse

Laure est la fondatrice du blogue « Une Parisienne à Montréal ». Rédactrice et gestionnaire de communautés, Laure est aussi une globe-trotteuse épicurienne toujours en quête de concepts innovants et de bonnes adresses. Début 2016, elle a cofondé Slow Journeys, un webzine sur le tourisme écoresponsable et design.