Le Montréal design de Caroline Monnet

Laure Juilliard

Caroline Monnet est une artiste et réalisatrice en arts visuels de l’Outaouais, installée à Montréal depuis quatre ans. D’origine franco-algonquine, elle est très attachée au thème de l’identité autochtone qu’elle aborde et exprime de façon contemporaine à travers le cinéma, la sculpture, la peinture ou encore l’installation. Son impressionnante feuille de route affiche des projections de courts-métrages dans de nombreux festivals de renom (le Festival international du film de Toronto, les Rencontres internationales et le Festival de Sundance), mais aussi des œuvres exposées au Palais de Tokyo, à Paris, à la Maison du Kulturen der Welt, à Berlin, à la Walter Phillips Gallery, à Banff, à l’Arsenal Montréal, au Musée McCord ou encore au Musée d’art contemporain. Bien que l’image positive des peuples autochtones reste son principal cheval de bataille, Caroline Monnet est inspirée également par l’architecture et le mouvement moderniste, et s’intéresse aux matières industrielles, au verre et au plastique. Elle nous dévoile ici son Montréal design, confidentiel et pointu.

 

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Comment définiriez-vous l’ambiance de Montréal?

Pour moi, l’ambiance de Montréal est à fois relax et constamment en mouvement. C’est une rencontre intéressante entre les francophones et les anglophones avec une influence européenne qu’on ne retrouve pas ailleurs au Canada. Elle me surprend toujours et me fait un peu penser à un grand village avec les possibilités d’une métropole. J’aime aussi beaucoup son sens de la communauté et je trouve que c’est un beau mélange d’élégance, et d’humilité. Une place où l’on peut grandir et respirer.

Comment définiriez-vous le style du design montréalais?

Assez avant-gardiste, tout en restant accessible, avec une grande attention portée aux détails.

Quel est le lieu, l’institution ou la construction qui évoque le plus votre vision du Montréal design?

J’adore la galerie d’art contemporain Pierre-François Ouellette. L’édifice se composait avant de plusieurs studios d’artistes. Depuis, l’intérieur du bâtiment a été entièrement rénové. C’est tout en hauteur maintenant avec un puit de lumière. Quand on y rentre, on se sent en Europe, mais pas tout à fait, un peu comme à Montréal en fait.

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Quelle est la création montréalaise que vous trouvez vraiment inspirante?

Récemment, j’ai découvert UNTTLD. Ils ont une belle liberté créative dans la confection de leurs designs de mode, à la fois moderne, confortable et assez humble. Leurs coupes sont intéressantes et typiquement montréalaises, je pense. J’aime beaucoup aussi les bijoux contemporains d’Anne-Marie Chagnon.

Pourquoi est-ce important pour vous de soutenir le design local?

Pour maintenir notre économie, grandir ensemble et encourager les gens qui sont dans nos cercles.

En quoi diriez-vous que votre style est typiquement montréalais?

Comme je suis à Montréal depuis seulement quatre ans et que je voyage beaucoup, je ne sais pas si j’ai un style typiquement montréalais. Je dirais qu’il s’adapte à mon environnement. À Montréal, j’aime que mon style soit confortable et moderne, sans être prétentieux, avec une touche de folie. J’ai besoin d’être à l’aise pour bouger et pour marcher partout.

Comment Montréal inspire-t-elle votre travail et votre expression créatrice?

Montréal est une ville qui est constamment en train de se définir. Elle fait place à différentes communautés et à l’expérimentation. C’est la même chose dans mon travail où j’explore différents médiums et thématiques. Il n’y a pas de frontières à Montréal, il est possible d’être dans des zones grises ou de marier plusieurs scènes créatives, ce qui ne serait peut-être pas le cas dans une ville un peu plus grande.

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Où peut-on vous trouver à Montréal pour prendre un café?

 

Au Café Olimpico, parce que c’est un classique et qu’il y a toujours du monde ou quelqu’un qu’on connaît. L’ambiance y est belle et c’est le meilleur café en ville.

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Pour souper?

J’adore l’Express. C’est un restaurant français où l’on passe plusieurs heures, sans prétention et bon : à l’image de la ville. On oublie un peu qu’on est à Montréal quand on va là-bas. J’aime beaucoup également Chez Doval, un délicieux restaurant portugais avec une super ambiance, dans le quartier portugais. C’est vraiment génial d’avoir une offre gastronomique aussi éclectique et multiculturelle à Montréal, elle nous donne le choix pour chaque occasion.

Pour boire un verre?

Le Snack N’ Blues parce que c’est un bar qui passe toujours de la bonne musique. Avant, il y avait « Coco », un vieux monsieur qui était aux platines et qui faisait jouer du jazz et du blues. C’est un lieu intemporel du Mile End.

Pour magasiner?

Je recommande de remonter le boulevard Saint-Laurent et de flâner. Au niveau du Mile End, j’aime bien la boutique vintage Ruche où je trouve toujours des belles choses qui sortent de l’ordinaire.

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Pour flâner?

J’aime me perdre dans les rues et ruelles autour du Plateau, découvrir les édifices et observer l’architecture qui change tout le temps. La rue Gilford est l’une de mes préférées.

Quel est votre quartier préféré?

Le Mile-Ex pour tout son côté industriel. Ça commence à être un peu saturé, mais on sent encore la possibilité de faire des choses et de transformer des lieux inusités. C’est un quartier qui me rappelle Berlin avec ses cafés dans des garages, ses espaces aménagés dans des lieux non conventionnels. J’aimerais bien y vivre.

Quel est votre endroit secret favori? Celui que vous gardez pour les intimes, mais que vous acceptez quand même de partager avec nous?

La terrasse du Club Espagnol, probablement la meilleure en ville. Il y a du soleil toute la journée, elle est immense, bien cachée, et on y boit et mange des tapas délicieux. Il faut devenir membre pour y accéder, mais tu peux amener jusqu’à sept personnes avec toi.

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Un de vos amis passionné de design vient à Montréal. Où l’envoyez-vous?

Je l’envoie rencontrer l’équipe derrière le studio de design graphique Feed, ils ont leur bureau sur l’avenue Casgrain. Ils font du design à l’image de Montréal : élégant, avant-gardiste, qui dit beaucoup avec peu de mots, tout en restant contemporain. Je lui dis aussi d’aller prendre un verre au bar Big in Japan, qui est un lieu un peu clandestin, où l’on se sent spécial.

Ce billet a été présenté en collaboration avec Souk@SAT, fervent défenseur du design montréalais.

Laure Juilliard

Laure Juilliard, blogueuse

Laure est la fondatrice du blogue « Une Parisienne à Montréal ». Rédactrice et gestionnaire de communautés, Laure est aussi une globe-trotteuse épicurienne toujours en quête de concepts innovants et de bonnes adresses. Début 2016, elle a cofondé Slow Journeys, un webzine sur le tourisme écoresponsable et design.