Une célébration haute en couleur des cultures autochtones

Jesse B. Staniforth
 

Du 2 au 9 août, la place des Festivals met en vedette les nations qui occupaient déjà le nord de l’Amérique bien avant l’arrivée des colons français et anglais. Enchaînant musique, danse, films et plusieurs autres formes d’art, le festival Présence autochtone célèbre la diversité des cultures des 11 nations autochtones du Québec.

 

Chaque été durant une semaine, la place des Festivals se transforme pour refléter les traditions des communautés autochtones du Québec. Pour l’occasion, elle est magnifiquement aménagée avec des wigwams et des maisons longues iroquoises, ces dernières rappelant plus spécifiquement le passé mohawk de la ville. L’instant de quelques jours, ce festival permet de redécouvrir les cultures autochtones.

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Présentation vedette

Présenté les 3 et 6 août à 20 h 30 à la place des Festivals, le spectacle Ioskeha et Tawiscara : le grand jeu de la création est l’événement principal de l’édition 2017. Cette production théâtrale colossale raconte la création du monde à travers le mythe de l’affrontement des fils jumeaux de la déesse tombée du ciel, Ioskeha (associé à l’été, à la lumière du jour, à la beauté et à tout ce qui est utile à l’humanité) et Tawiscara (associé à l’hiver, à la nuit, aux monstres et à la destruction). Allégorie de la dualité entre la lumière et la noirceur, entre la création et la destruction, le récit des frères jumeaux est à la fois universel et spécifique aux peuples des Premières Nations qui l’ont transmis de génération en génération. Soutenue par la musique du DJ anichinabé Ziibiwan Rivers, cette production est mise en scène par Pierre-Paul Savoie.

De main de maître

Impressionnantes et minutieusement détaillées, les sculptures de poissons, d’animaux terrestres et de dragons d’Abraham Anghik Ruben semblent sortir d’un rêve où les cultures inuit et nordique ne font qu’un. En effet, le maître-sculpteur inuvialuit voit un fort lien entre ces deux cultures, qui partagent les terres du Nord et se sont croisées par le passé. Présentée à la galerie d’art de la Guilde (1460-B, rue Sherbrooke Ouest), son exposition Les esprits se rencontrent : interactions vikings-inuits comporte quinze magnifiques sculptures chevauchant le réel et l’imaginaire des mondes viking et inuit. Récipiendaire de l’Ordre du Canada en 2016 et cumulant maintenant 40 ans de carrière, cet artiste de l’Arctique du Nord canadien réussit magnifiquement à concilier à travers son art son difficile passage en pensionnat autochtone et sa culture ancestrale.

Films, musique et gastronomie

Du 3 au 5 août, le festival Tillutarniit transporte la culture d’Inuit Nunangat (la patrie des Inuits, traversant l’ouest de l’Arctique, le Nunavut, le Nunavik et le Labrador) au centre-ville de Montréal. Musique, jeux (ouverts à tous) et mets traditionnels (dont du phoque et de l’omble chevalier) sont au programme. Bien plus qu’une série de diffusions en plein air, l’événement est une véritable célébration de l’identité inuite. Chaque soir, la présentation de films, dirigée par la cinéaste de l’ONF, poétesse et artiste Isabella-Rose Weetaluktuk, est le point central de la soirée. Cette année, les films sont regroupés sous trois thèmes, soit un par soirée : netsiq (le phoque), tuktu (le caribou) et inuk (l’être humain). Ainsi, les films présentés porteront sur les relations existant entre les plus importants animaux de la zone arctique, ainsi que leur importance et leur signification pour le peuple inuit.

Jesse Staniforth, blogueur

Jesse Staniforth est un journaliste indépendant de Montréal qui se spécialise dans des sujets qui touchent les questions autochtones et la cybersécurité. Il rédige également des chroniques « art de vivre ». Depuis 2011, il écrit régulièrement pour le magazine Nation destiné à la Nation crie d’Eeyou Istchee (sur la côte est de la baie James), depuis 2011.

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