Danse : les créations qui feront bouger 2018

Laure Juilliard

Que se passe-t-il dans le monde de la danse à Montréal en ce début d’année? Passage en revue des chorégraphies novatrices et audacieuses qui prendront l’affiche à l’hiver et au printemps 2018.

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Un voyage autour du monde avec Danse Danse

Danse Danse amorce 2018 en beauté avec des créations de compagnies renommées, de chorégraphes célébrés et de jeunes inspirants. En janvier, partez à la découverte de Taïwan grâce à The Eternal Tides (du 24 au 27 janvier) de la compagnie Legend Lin Dance Theatre. Ce spectacle poétique s’inspire des rituels religieux et des rites cérémoniaux taïwanais. En février, l’Espagne s’invite en ville avec La Veronal (du 8 au 10 février), une réflexion sur le corps humain à travers les âges signée Marcos Morau. Nous mettrons ensuite le cap sur New York grâce à Répertoire (du 22 au 24 février) de la réputée Martha Graham Dance Company. En mars, Alan Lake revient avec Le cri des méduses (du 20 au 24 mars), un mariage d’art visuel, de danse et de vidéo. Dans le cadre du Printemps nordique de la Place des Arts – une manifestation artistique et culturelle qui braquera, du 4 au 29 avril, les projecteurs sur le génie créatif des pays nordiques –, Danse Danse présentera les spectacles de deux chorégraphes marquants : Again, de la Norvégienne Ina Christel Johannessen (du 5 au 7 avril), et Breath, du Finlandais Tero Saarinen (du 17 au 21 avril). Cette 20e saison se clôturera avec l’incontournable Sutra (du 3 au 9 mai) de Sidi Larbi Cherkaoui, mettant en scène 19 moines bouddhistes maîtres de kung-­fu, 5 musiciens et 21 boîtes en bois.

Consultez toute la programmation 2018 de Danse Danse.

Nouveau départ pour Les Grands Ballets canadiens de Montréal

Sous la nouvelle direction artistique d’Ivan Cavallari, Les Grands Ballets, qui se sont récemment installés dans ses locaux de l’édifice Wilder, mettent à l’honneur cette année les jeunes chorégraphes et les œuvres étrangères. Ils présenteront trois créations originales : L’Oiseau de feu de la chorégraphe américaine Bridget Breiner et Le Sacre du printemps du Français Étienne Béchard, regroupés en programme double (du 15 au 24 mars), seront suivis de Vendetta – Storie di Mafia, de la chorégraphe belgo-colombienne Annabelle Lopez Ochoa (du 24 mai au 2 juin). L’Eifman Ballet de Saint-Pétersbourg, sous l’égide du fougueux chorégraphe russe Boris Eifman, sera de retour avec Requiem (du 21 au 25 février), tandis que le monde merveilleux de Cendrillon, de Victor Lytvynov, sera porté par le Ballet national d’Ukraine (du 2 au 6 mai). La Soirée des étoiles (du 7 au 9 juin) clôturera la saison en grande pompe. Ce nouveau gala sur le thème de l’amour mariant danse et chanson rendra notamment hommage à Leonard Cohen.

Consultez toute la programmation 2018 des Grands Ballets.

Creuset de talents à Tangente

Tangente accueillera en 2018 sur les scènes du nouvel Espace danse de l’édifice Wilder 24 créations inédites, dont 12 rendez-vous artistiques (pour la plupart des programmes doubles) mettant à l’avant-plan les chorégraphes québécois émergents. La saison s’ouvrira avec la première de Bienvenue chez moi, petite Malgache-Chinoise, une visite de la maison chinoise du grand-père de la chorégraphe Claudia Chan Tak qui prend la forme d’une installation performative interdisciplinaire (les 19 et 20 janvier, entrée libre). Place ensuite aux programmes doubles, qui seront l'occasion de découvrir, lors d’une même soirée, deux artistes, deux univers et deux visions distinctes d’un même thème. Voyez Forces connexes (du 1er au 4 février), Technologies contemplatives (du 8 au 11 février), Réalité & fiction (du 22 au 25 février), Nécessités intérieures (du 8 au 11 mars), Poussière & fumée (du 22 au 25 mars), À nouveau sauvage (du 29 mars au 1er avril), Personnage : fragments (du 12 au 15 avril) et Empathie kinesthésique (du 17 au 20 mai). La relève brillera également grâce au spectacle des étudiants de première et de deuxième années de l’École de danse contemporaine de Montréal (du 16 au 19 mai), et à celui des finissants (du 23 au 26 mai). Ne manquez pas, enfin, les conversations, performances et spectacles gravitant autour de la danse autochtone du Québec d’aujourd’hui (du 4 au 6 mai).

Consultez toute la programmation 2018 de Tangente.

Humour noir et audace à l’Agora de la danse

À l’Agora de la danse, on commence l’année en force avec Icône Pop de Mélanie Demers (du 24 au 27 janvier), une œuvre qui «incarne l’ambivalence d’une société en perte de repères qui sanctifie la mise en scène de soi. Entre les figures de Beyoncé et de la Vierge Marie.» Le chorégraphe George Stamos propose ensuite l’installation vivante Recurrent Measures : six danseurs jouent avec leurs limites physiques dans un espace où le public est libre de circuler (du 24 au 28 janvier). Instant Community propose quant à lui une expérience dans laquelle quatre interprètes mettent leurs appareils mobiles hi-tech – et les vôtres si vous le souhaitez – à contribution dans une création collective low-tech (du 24 au 27 janvier). Margie Gillis propose ensuite dans Viriditas des portraits d’une humanité collective et moderne incarnés par un trio féminin (du 14 au 17 février), tandis que Jérémie Niel invite le spectateur à devenir le témoin d’un huis clos où une quinzaine de protagonistes s’agitent dans Elle respire encore (du 14 au 17 mars). Another, de Dana Gingras, est une œuvre qui mêle l’installation, la performance et le concert dans un décor de 24 écrans de télé récupérés par l’artiste (du 4 au 14 avril), alors que Jacques Poulin-Denis illustrera, dans Running Piece, un «écho de notre société contemporaine et de ses contradictions» (du 18 au 21 avril). La saison s’achèvera avec Les rois de la piste de Thomas Lebrun, un défilé de personnages aux corps atypiques et singuliers et une série de portraits sur les amoureux de la nuit et des pistes de danse (du 25 au 28 avril).

Consultez toute la programmation 2018 de l’Agora de la danse.

Performances pluridisciplinaires à La Chapelle

À La Chapelle, on découvre une palette d’artistes de tous les horizons et de toutes les disciplines. L’année 2018 s’ouvre avec Sang Bleu d’Andréane Leclerc et Dany Desjardins, «une exploration sur le corps et son rapport à la matière qui le compose» (du 26 février au 2 mars). La chorégraphe Catherine Gaudet présentera ensuite Tout ce qui va revient, une trilogie de solos percutants interprétés par Clara Furey, Louise Bédard et Jolyane Langlois (du 7 au 15 mars). La 2e Porte à Gauche est de retour avec PLUTON – ACTE 3, le troisième chapitre d’une série initiée en 2015 qui fait collaborer des interprètes matures avec des jeunes créateurs (du 22 au 31 mars). Le duo composé d’Ellen Furey et de Malik Nashad Sharpe signera la fin de la saison en présentant No Nationalism, une exploration d’«un concept élargi de solidarité à travers la danse contemporaine».

Consultez toute la programmation 2018 du Théâtre La Chapelle.

 

Intelligence, créativité et poésie à l’Usine C

À l’affiche de l’Usine C, le chorégraphe allemand Raimund Hoghe révise à sa manière le Pas de deux «pour revenir au plus nu de la relation à l’autre, et laisser affleurer toutes les nuances de l’être à deux» (les 10 et 11 avril). Hoghe réinterprètera également La Valse de Maurice Ravel, contant les méandres de l’Histoire comme un perpétuel ressac (les 13 et 14 avril). Enfin, la fabuleuse nanodanse belge Cold Blood, créée par le collectif Kiss & Cry, Michèle Anne De Mey et Jaco Van Dormael, revient avec son dispositif scénique ingénieux et envoûtant (du 25 au 28 avril).

Consultez toute la programmation 2018 de l’Usine C.

 

Formes expérimentales et hybrides au MAI

Au MAI (Montréal, arts interculturels), on mise sur les pratiques artistiques interculturelles et la diversité montréalaise. Âgés et déjantés braque les feux des projecteurs sur des danseurs de 55 ans et plus et confronte le spectateur aux défis des artistes plus âgés en abordant une multitude d’enjeux (les 19 et 20 janvier). La danseuse et chorégraphe dominicaine Ligia Lewi propose ensuite minor matter, une vision de la négritude au fil du temps qui conjugue représentations historiques et iconiques de la danse populaire et se termine sur une mise à nue, tant des corps que de la scène (les 2 et 3 mars). Aisha Sasha John, créatrice engagée, transmet dans son solo the aisha of is un sentiment de rage qu’elle transforme en lumière, puis en ouverture (les 27 et 28 avril). Enfin, El Silencio de las Cosas Presentes du chorégraphe-interprète et enseignant Eduardo Ruiz Vergara apporte une réflexion sur la sensation haptique et la douleur (les 6 et 7 avril).

Consultez toute la programmation 2018 du MAI.

Laure Juilliard

Laure Juilliard, blogueuse

Laure est la fondatrice du blogue « Une Parisienne à Montréal ». Rédactrice et gestionnaire de communautés, Laure est aussi une globe-trotteuse épicurienne toujours en quête de concepts innovants et de bonnes adresses. Début 2016, elle a cofondé Slow Journeys, un webzine sur le tourisme écoresponsable et design.

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